Pourquoi il est si difficile de distinguer TDAH, anxiété, TSA et autres troubles dans les formes légères à modérées ?

Publié le 9 décembre 2025 à 17:18

🟦 1. Parce que les symptômes se recouvrent presque totalement

Dans la réalité clinique : les mêmes symptômes peuvent appartenir à des troubles totalement différents.

🔹 Exemples de symptômes communs :

  • difficulté à se concentrer

  • agitation intérieure

  • irritabilité

  • fatigue cognitive

  • évitement

  • procrastination

  • désorganisation

  • hypersensibilité

  • impulsivité

  • surcharge sensorielle

  • ruminations

  • difficultés sociales

  • besoin de contrôle

  • intolérance à l’incertitude

Ces symptômes peuvent être du TDAH…  de l’anxiété… du TSA… un trouble du sommeil… un burnout… ou une dépression.

C’est pour cela que les questionnaires ne sont que très peu pertinents , car le monde est hélas plus complexe que la réalité décrite dans les albums de catégories du DSM !

🟦 2. Parce que les questionnaires mesurent… des ressentis, pas des causes

Ainsi deux personnes peuvent mettre “7/7” sur une échelle, mais pour des raisons totalement différentes.

Exemple :

  • TDAH : difficulté à maintenir l’attention

  • Anxiété : l’attention est absorbée par les inquiétudes

  • TSA : l’attention est sélective, centrée sur des intérêts spécifiques

  • Dépression : l’attention est ralentie par la fatigue mentale

  • Addiction aux écrans : l’attention est fragmentée par la stimulation constante

Le symptôme est le même, mais la cause est différente.

🟦 3. Parce que les troubles s’influencent mutuellement

Dans les formes légères à modérées, les troubles se mélangent, se masquent, ou se renforcent.

🔹 Exemples :

  • L’anxiété peut imiter un TDAH.

  • Le TDAH peut provoquer de l’anxiété.

  • Le TSA peut être confondu avec un TDAH inattentif.

  • Le manque de sommeil peut imiter un TDAH.

  • Les écrans peuvent imiter un TDAH.

  • La dépression peut imiter un TDAH.

  • Le TDAH peut être masqué par une forte intelligence ou une bonne organisation.

Et l'ensemble interagit et s'amplifie, ainsi il est nécessaire d'explorer les causes et non de se limiter à la catégorisation des conséquences.

🟦 4. Parce que les formes légères ne sont pas invalidantes

Dans les formes légères à modérées :

  • la personne fonctionne,

  • elle travaille,

  • elle étudie,

  • elle s’adapte,

  • elle compense.

Donc : les symptômes sont réels, mais pas suffisamment nets pour trancher.

C’est exactement ce que nous observons dans la pratique clinique.

🟦 5. Parce qu’il n’existe aucun test objectif pour départager les troubles

C’est un point crucial :

  • pas de biomarqueur,

  • pas d’imagerie spécifique,

  • pas de test neuropsychologique réellement discriminant,

  • pas de profil cognitif unique,

  • pas de signature biologique.

Le diagnostic repose sur le passage de tests et d'entretiens ou notamment pour les formes légères, la subjectivité domine ainsi la mise en catégorie est peu fiable.

🟦 6. Parce que les environnements modernes imitent les troubles

Les facteurs suivants peuvent par exemple, produire des symptômes identiques au TDAH :

  • surcharge d’écrans

  • manque de sommeil

  • stress chronique

  • anxiété sociale

  • isolement

  • multitâche permanent

  • notifications

  • surstimulation numérique

  • fatigue mentale

  • mauvaise hygiène de vie

On diagnostique parfois un trouble alors que c’est l’environnement qui est pathologique.

🟦 7. Synthèse : dans les formes légères à modérées, le diagnostic  est fragile 

Voici la vérité clinique : Dans les formes légères à modérées, il est extrêmement difficile — parfois impossible — de distinguer un TDAH d’un trouble anxieux, d’un TSA, d’une dépression ou d’un trouble lié aux écrans.

Les symptômes se recouvrent. Les causes sont multiples. Les questionnaires sont subjectifs. Les tests ne sont pas discriminants. Les environnements imitent les troubles. Les personnes compensent.

Le diagnostic devient un exercice d’interprétation, pas une mesure objective.

🟦 8. Pourquoi cette analyse est essentielle pour une approche en psychologie masculine

La mise en catégorie est extrêmement pénalisante pour les hommes et notamment pour les jeunes hommes qui développement des comportements de retraits et des justifications de multiples conduites à risques avec leur lots de comorbidités associées.

Il est très important  de revenir à une analyse 

  • fonctionnelle,

  • observable,

  • pragmatique,

  • centrée sur les difficultés réelles,

  • orientée solutions,

  • non dépendante des étiquettes.

Dans les formes légères à modérées, l’important n’est donc pas de trancher entre TDAH, anxiété ou TSA. L’important est de comprendre ce qui gêne la personne et d’agir dessus.  Et au fond d'eux mêmes, c’est exactement ce que les hommes recherchent, s'orienter à nouveau vers l'action, ce qui est leur vraie nature afin de quitter le carcan de leurs empêchements.  

 

Dr Grijalvo