De la nature psychologique des hommes

Publié le 8 mars 2025 à 06:03

Même si l'on se veut perméable à une certaine confusion des genres , il est possible de constater que les hommes et les femmes ont des différences physiques remarquables tout autant que des constitutions psychologiques et des attentes sociales différentes, ainsi la masculinité n‘est pas la féminité. Mais alors pourquoi ne pas vouloir parler de psychologie masculine ? Pourquoi ne jamais aborder une spécificité masculine dans les approches de prise en soin et de résolution des difficultés et des troubles typiquement masculins ?

 

Le simple constat des différences physiologiques , psychologiques et sociales entre hommes et femmes devraient questionner l'approche des psychologues sur les outils dont ils disposent pour mieux prendre en compte le réel de notre espèce qui depuis plus de 700 000 ans, se développe dans des collaborations conjointes et différenciées entre les hommes et les femmes.

Cependant, nous constatons un refus d’envisager l’émergence d’une psychologie différenciée spécifiquement masculine. Cela n’a rien de nouveau et depuis la naissance de la psychologie moderne, il y a près de deux siècles, toute tentative de développer une approche pensée pour les hommes a été écartée, parfois avec une étonnante constance.

Ainsi, les hommes évoluent encore largement en marge de la sphère psychologique. Ils consultent peu, se préoccupent rarement de leur santé mentale et demeurent, pour la plupart, silencieux face à leur souffrance intérieure. Peu enclins à se tourner vers la psychologie, ils n’attirent guère davantage les psychologues professionnels car ils représentent un public restreint, exigeant, rationnel, qui ne se satisfait ni de discours flous ni de réponses approximatives ou alors qui présentent exclusivement des pathologies lourdes notamment addictives. Quant aux chercheurs en psychologie, la question masculine demeure un territoire peu exploré.

Il est d'ailleurs nécessaire de rappeler que la plupart des études fondatrices de la psychologie ont été menées… sur des femmes. Les résultats obtenus furent ensuite généralisés aux hommes, comme si les deux sexes partageaient une expérience psychique identique.

Aujourd’hui encore, les choses n’ont guère changé. Étudier les difficultés masculines n’est pas à la mode. Dans un climat où l’homme est souvent perçu comme dominant, agresseur ou problématique pour la société, la souffrance masculine n’attire ni les jeunes chercheurs, ni leurs financeurs, ni les institutions publiques. La cause des femmes, plus visible et plus consensuelle, bénéficie d’un avantage symbolique et médiatique évident.

Certes, il existe bien quelques travaux regroupés sous l’étiquette des Men’s Studies, mais ils sont portés par une poignée de laboratoires universitaires, principalement aux États‑Unis, et s’inscrivent dans le courant de l’American Men’s Studies Association. Leur objectif n’est pas tant de comprendre la psychologie des hommes que de déconstruire les masculinités dans une perspective critique. Il s’agit davantage d’un projet de transformation sociale que d’un effort pour améliorer la prise en charge clinique des hommes.

Ainsi, il s'agit d'études majoritairement centrée sur la "masculinité" pour laquelle on trouve généralement la définition suivante :  Domaine d'étude qui examine la construction et l’impact de la masculinité sur le bien-être psychologique des hommes. Il explore les attentes sociétales, les normes culturelles et les rôles de genre qui façonnent la façon dont les hommes se perçoivent eux-mêmes et les autres. Les sujets de recherche incluent les idéologies traditionnelles de la masculinité, l’impact des stéréotypes et l’influence de la masculinité sur les relations, l’expression émotionnelle et l’image de soi.

Ainsi, force est de constater que les recherches spécifiquement consacrées à la psychologie masculine et à la souffrance mentale des hommes demeurent extrêmement rares. En France, aucune institution n’est dédiée à la détresse masculine, alors que de nombreux dispositifs existent pour les femmes. Quant au monde universitaire, il continue de considérer la psychologie masculine comme un sujet tabou, presque inconvenant voir politiquement incorrect.

Pendant ce temps, les chiffres s’aggravent. D’année en année, les mêmes constats reviennent, implacables : taux de suicide, anxiété, dépression, troubles chez les jeunes adultes, chocs traumatiques… Sur presque tous les indicateurs de souffrance psychique, les hommes occupent les premières places, avec des taux deux à quatre fois supérieurs à ceux des femmes.

C’est précisément pour répondre à cette réalité, que j'ai fondé le premier Centre de Ressources de Psychologie Masculine en France.

Après plus de vingt ans d’expérience comme psychologue consultant auprès de cadres, de managers, d’entrepreneurs, d’employés, mais aussi au sein d’organisations de secours et de sécurité, j’ai choisi de fonder un service spécifiquement dédié aux hommes.

Auteur de plusieurs travaux de référence en psychologie masculine, je reste à votre disposition pour vous accompagner ou répondre à vos questions.

 

Dr. Grijalvo