TDAH – Adulte : j’en ai assez ! Le cri de colère d'un professionnel de santé !

Publié le 15 janvier 2026 à 16:32

L’arrivée massive en consultation de la génération des diagnostiqués TDAH !

Il y a quelques mois j’ai écrit un article destiné aux parents pour expliquer pourquoi le diagnostic du TDAH chez l’enfant doit être fait avec sérieux, méthode et prudence. Le TDAH est un trouble réel, parfois sévère, et lorsqu’il touche un enfant, il mérite une évaluation intégrative rigoureuse.

Mais aujourd’hui, je veux parler d’autre chose. Je veux parler de ce que je vois arriver semaine après semaine des jeunes adultes qui viennent en consultation avec leur diagnostic TDAH , qu'ils traînent avec eux depuis des années et qu'ils m'affichent ainsi, se refusant à toutes investigations, expliquant le moindre symptôme par leur "TDAH"   

Alors oui : j’en ai assez.

🟦 1. J’en ai assez de voir des jeunes adultes arriver avec leur diagnostic TDAH… comme un sac trop grand pour eux, accrochés dans leur dos !

Je vois arriver des jeunes adultes :

  • diagnostic TDAH validé,

  • ou invalidé,

  • ou “semi‑validé”,

  • ou HPI,

  • ou THPI,

  • ou “TDAH + HPI”,

  • ou “TDAH atypique”,

  • ou “TDAH masqué”,

  • ou “TDAH borderline”,

  • ou “TDAH IA - selon un test en ligne”.

Bref : une collection d’étiquettes.

Et surtout : des personnes accrochées à leur diagnostic comme si leur identité en dépendait.

🟦 2. J’en ai assez de voir des diagnostics TDAH posés dans des conditions douteuses  !

Je ne sais pas :

  • qui a posé le diagnostic,

  • comment,

  • en combien de temps,

  • avec quels outils,

  • avec quelle méthodologie,

  • dans quel contexte,

  • avec quelles motivations,

  • et surtout : avec quelle rigueur.

Je vois des diagnostics posés :

  • en 45 minutes,

  • sur la base d’un questionnaire,

  • sans observation réelle,

  • sans analyse fonctionnelle,

  • sans évaluation de l’environnement,

  • sans éliminer les causes alternatives.

Et ensuite, on me demande de “faire avec” !!

Trop de médecins, de psychologues et de professionnels s’empressent aujourd’hui de poser un diagnostic de TDAH, comme s’il suffisait d’apposer une étiquette pour comprendre — ou pire, pour “guérir”. On en vient presque à croire que le simple fait de nommer le trouble clôt le travail thérapeutique.

Or personne ne semble se demander comment ces jeunes, ainsi étiquetés, pourront ensuite retrouver leur place dans la société, affronter le réel, se confronter aux exigences de la vie adulte, sans que cette étiquette ne vienne déformer leur rapport à eux‑mêmes et au monde. Car être diagnostiqué TDAH ne dit rien de la manière dont on apprend à vivre, à agir, à se responsabiliser, à grandir.

🟦 3. J’en ai assez de voir des personnes qui demandent de l’aide… mais refusent de changer leurs habitudes

Je vois des jeunes adultes qui :

  • dorment 5 heures par nuit,

  • passent 6 à 8 heures par jour sur les écrans,

  • consomment alcool ou cannabis régulièrement,

  • mangent n’importe comment,

  • vivent dans un chaos organisationnel total,

  • ne font aucun effort de discipline personnelle,

  • et viennent me voir en pensant :

“Tout cela est la faute de mon TDAH. Je veux un traitement magique ?”

Non. Je n’ai pas de baguette magique. Et surtout : ce n’est pas le TDAH qui vous empêche de dormir, de vous organiser ou de limiter la consommation d' écrans.

🟦 4. J’en ai assez de voir des personnes qui refusent qu’on parle de leurs symptômes actuels !

Je veux parler de :

  • leurs difficultés réelles,

  • leurs comportements actuels,

  • leurs habitudes,

  • leur environnement,

  • leur hygiène de vie,

  • leur fonctionnement quotidien.

Mais certains refusent. Ils veulent parler du diagnostic, pas d’eux. Ils veulent que je valide ce qu’un autre a dit. Ils veulent que je “travaille à partir du diagnostic”. Mais je ne travaille pas avec une étiquette. Je travaille avec une personne, il ne m'est pas possible de partir d'un diagnostic que je n'ai pas moi même posé , d'ailleurs est-ce bien un TDAH ?? N'est ce pas plutôt un SLD — Specific Learning Disorder, un DCD — Developmental Coordination Disorder un SCD — Social (Pragmatic) Communication Disorder un ID — Intellectual Disability , un ODD — Oppositional Defiant Disorder (TOP) ou encore un CD — Conduct Disorder ou un IED — Intermittent Explosive Disorder !!

🟦 5. J’en ai assez de la confusion totale entre TDAH, anxiété, TSA, dépression, écrans, fatigue, stress…

Dans les formes légères à modérées, les symptômes de différents troubles se recouvrent presque totalement :

  • difficulté à se concentrer,

  • agitation intérieure,

  • procrastination,

  • irritabilité,

  • surcharge cognitive,

  • désorganisation,

  • hypersensibilité,

  • fatigue mentale.

Ces symptômes peuvent être :

  • du TDAH,

  • de l’anxiété,

  • du TSA,

  • de la dépression,

  • du stress,

  • du manque de sommeil,

  • des écrans,

  • ou un mélange de tout cela.

Dans les formes légères, il est presque impossible de trancher. Et pourtant, l'on distribue des diagnostics comme des cartes Pokémon. 

🟦 6. J’en ai assez de voir des diagnostics utilisés comme excuses !

Et j’entends trop souvent :

  • “Je n’arrive pas à arrêter l’alcool à cause du TDAH.”

  • “Je passe 7 heures sur les écrans à cause du TDAH.”

  • “Je n’ai pas de motivation parce que j’ai le TDAH.”

Non. Le TDAH n’explique pas tout. Et surtout : le TDAH n’empêche pas l’action.

Ce qui empêche l’action, ce sont :

  • les habitudes,

  • l’évitement,

  • la peur de l’effort,

  • la confusion,

  • le manque de cadre,

  • l’absence de discipline personnelle.

🟦 7. J’en ai assez de voir des diagnostics utilisés comme identités

Le diagnostic devient :

  • une explication,

  • un refuge,

  • une justification,

  • une identité.

Mais un diagnostic n’est pas une identité. Un diagnostic n’est pas une excuse. Un diagnostic n’est pas un destin.

🟦 8. Alors oui : TDAH - Adulte j’en ai assez !!

Pas du trouble. Pas des personnes. Pas de la souffrance réelle.

Mais j’en ai assez :

  • des diagnostics posés trop vite,

  • des étiquettes utilisées comme boucliers,

  • des jeunes adultes qui refusent de changer et s'accrochent à leur TDAH

  • des confusions entre troubles,

  • des évaluations superficielles,

  • des tests en ligne pris pour des vérités,

  • des approches non intégratives,

  • des attentes magiques.

  • des vérités IA

🟦 9. Ce que je veux, c’est revenir à la base

  • comprendre les symptômes réels,

  • analyser le fonctionnement actuel,

  • explorer l’environnement,

  • identifier les comportements problématiques,

  • travailler sur l’hygiène de vie,

  • restaurer la capacité d’action,

  • sortir de l’étiquette,

  • revenir à la personne.

Parce que c’est là que se trouve la vraie solution !

🟦 Conclusion : si tu veux que je t’aide, viens en tant que personne, pas en tant que diagnostic !

Je ne travaille pas avec des étiquettes. Je travaille avec des êtres humains.

Si tu veux avancer :

  • viens avec tes difficultés,

  • viens avec ta réalité,

  • viens avec ton quotidien,

  • viens avec ton histoire,

  • viens avec ton envie de changer.

Ton diagnostic, lui, restera à la porte. Et toi, tu pourras enfin entrer, et entamer le chemin de la résolution de tes difficultés !!

 

Dr Grijalvo