Les évidentes faiblesses des diagnostics du TDAH des jeunes adultes !

Publié le 18 octobre 2025 à 19:11

Variabilité des présentations cliniques, chevauchement avec d’autres troubles, le diagnostic du TDAH des Jeunes Adultes est complexe. Mais pourquoi absolument chercher l'évaluation arbitraire d'une entité biologique, pourquoi vouloir toujours nommer, catégoriser et ne pas revenir à l'exploration clinique d'une configuration de difficultés comportementales d'un individu immergé dans certaines situations.

🟦1. Le diagnostic TDAH Adulte est reconnu, mais sa validité est loin d’être parfaite

Les revues récentes soulignent que le TDAH est un trouble hétérogène, sans biomarqueur déterminant, et avec un recouvrement massif avec d’autres conditions. Ainsi, le diagnostic TDAH Adulte est complexe et peu fiable mais qu'elles en sont les raisons profondes ?

🟦 2. La majorité des diagnostics reposent sur… des questionnaires subjectifs

En France comme ailleurs, le diagnostic du TDAH repose principalement sur :

  • des questionnaires auto‑rapportés (la personne dit ce qu’elle ressent),

  • des entretiens cliniques,

  • des échelles de cotation (souvent 0 à 3 ou 0 à 7),

  • des observations rapportées par les parents ou enseignants (chez l’enfant).

Il n’existe aucun test qui “mesure” l’intensité spécifique du trouble.

Deux personnes peuvent mettre “7/7” sur une échelle, alors que leurs difficultés n’ont rien à voir en intensité, en impact ou en réalité fonctionnelle. C’est un problème méthodologique majeur.

🟦 3. Aucune mesure objective ne permet de confirmer le diagnostic

Les études montrent que les outils utilisés (CAARS, SRSI, etc.) ont une validité imparfaite et peuvent produire des faux positifs ou des résultats peu fiables.

Cela signifie que :

  • les questionnaires ne mesurent pas un mécanisme biologique,

  • mais des comportements rapportés, sensibles au contexte, à l’interprétation et aux attentes.

Il n’existe aucune mesure objective du TDAH. 

🟦 4. Le diagnostic repose sur la parole du patient — et c’est une limite énorme

Les professionnels en très grande majorité se fient à ce que la personne dit, pas à ce qu’elle fait.

Or :

  • certaines personnes surestiment leurs difficultés,

  • d’autres les minimisent,

  • d’autres encore confondent fatigue, anxiété, stress, écrans, dépression, avec un TDAH et on a tendance à les confortés dans cet auto-diagnostic

Le diagnostic devient alors : une interprétation subjective d’un ressenti subjectif.

Ce qui est assez fragile et problématique.

🟦 5. Le diagnostic du TDAH est donc… majoritairement un diagnostic d’entretien

En pratique :

  • on pose des questions,

  • on écoute les réponses,

  • on coche des cases,

  • on vérifie que les critères correspondent,

  • et on conclut.

C’est pour cela que : les erreurs diagnostiques sont fréquentes - les surdiagnostics existent -  les sous‑diagnostics aussi  et l’intensité réelle du trouble est très difficile à évaluer.

🟦 6. Pourquoi cela pose un problème majeur en clinique

Parce que :

  • une personne très organisée peut masquer un TDAH sévère,

  • une personne très désorganisée peut sembler TDAH alors qu’elle ne l’est pas,

  • une personne anxieuse peut “ressembler” à un TDAH,

  • une personne épuisée par les écrans peut “imiter” un TDAH,

  • une personne déprimée peut avoir des symptômes identiques.

le diagnostic TDAH est valide dans certains cas, mais sa pertinence clinique est limitée par une série de problèmes structurels, méthodologiques et conceptuels.

🟦 7. Le TDAH recouvre de nombreuses autres problématiques

De nombreuses études montrent que les symptômes du TDAH se confondent avec :

  • anxiété,

  • dépression,

  • troubles du sommeil,

  • stress chronique,

  • surcharge cognitive,

  • difficultés environnementales ou professionnelles.

Le diagnostic est donc souvent un diagnostic d’exclusion, ce qui réduit sa précision.

🟦8. Les diagnostics sont influencés par des biais, notamment de genre

Différentes revues montrent l’existence de biais de genre dans les outils diagnostiques et les pratiques cliniques.

Cela signifie :

  • les hommes sont parfois sur‑diagnostiqués (impulsivité, agitation visibles),

  • les femmes sont souvent sous‑diagnostiquées (inattention internalisée).

 Ce point soutient la nécessité d’une psychologie différenciée, notamment adaptée aux profils masculins.

🟦9Le contexte de vie influence fortement les symptômes

Les revues soulignent que les symptômes du TDAH sont sensibles au contexte :

  • surcharge cognitive,

  • environnement chaotique,

  • pression professionnelle,

  • manque de sommeil,

  • stress chronique.

Ce ne sont pas des " symptômes fixes", mais des réponses adaptatives à des environnements exigeants et des contraintes multiples.

🟦10. Le TDAH adulte est particulièrement difficile à diagnostiquer

Il est admis que le diagnostic du TDAH adulte souffre de :

  • critères hétérogènes,

  • méthodes inconsistantes,

  • comorbidités mal contrôlées,

  • absence de tests objectifs.

Le diagnostic TDAH adulte est donc fragile, souvent basé sur des récits rétrospectifs et des questionnaires. Le trouble ne se présente plus comme dans l'enfance , des compensations ou des routines ont été mises en place, l'hyperactivité peut devenir interne ou se transformer en agitations émotionnelles, proches d'autres troubles.

🟦11. Le TDAH adulte - pertinence clinique : utile pour certains, réducteur pour beaucoup

Les recherches montrent que :

  • le diagnostic peut aider à structurer une prise en charge,

  • mais il ne reflète pas un mécanisme unique ou une cause identifiable.

Le TDAH est un syndrome descriptif, pas une maladie au sens biologique.

Il n’y a pas de vérification dans la réalité. Ce sont des ressentis, des descriptions !

On ne demande pas à la personne :

  • de faire une tâche longue,

  • de gérer une consigne complexe,

  • de maintenir une attention soutenue,

  • de gérer une double tâche,

  • de résister à la distraction.

Alors que ce serait beaucoup plus pertinent.

🟦12. Une évaluation réelle, observable, fonctionnelle — est exactement ce qui manque

Ce qu’il faudrait, a minima c’est l'observation :

  • de tâches d’attention réelle,

  • de tâches d’inhibition,

  • de tâches de double tâche,

  • de tâches de planification,

  • de tâches de mémoire de travail,

  • de situations écologiques.

Mais cela demande du temps, des moyens, et une formation spécifique.

🟦 13. Le diagnostic est souvent posé trop vite

En France, beaucoup de diagnostics sont posés :

  • en 45 minutes,

  • sur la base d’un questionnaire,

  • sans observation réelle,

  • sans analyse fonctionnelle,

  • sans évaluation de l’environnement,

  • sans vérifier les causes alternatives.

Et cela conduit à : des diagnostics qui ne reflètent pas la réalité fonctionnelle de la personne.

🟦 14.  De nombreuses personnes diagnostiquées TDAH ont… des difficultés normales

Majoritairement nous voyons des personnes :

  • qui fonctionnent,

  • qui travaillent,

  • qui étudient,

  • qui ont des difficultés,

  • mais pas une invalidité.

Et l'on peut se demander : “Est‑ce vraiment un TDAH, ou juste des difficultés de vie associées à une configuration de difficultés ?” Est-ce un "handicap" où une manière différente de fonctionner dans une situation donnée " , "Qu'elles seraient alors les stratégies de compensations ?" 

Toutes ces questions sont légitimes. Et beaucoup de cliniciens se les posent.

🟦 Conclusion : une validité partielle, une pertinence discutable

Les données récentes montrent que :

  • Le TDAH existe comme catégorie clinique utile,

  • mais sa validité biologique est faible,

  • sa précision diagnostique est limitée,

  • ses outils sont imparfaits,

  • et son expression dépend fortement du contexte, de l’âge, du sexe, et de l’environnement.

Il est de mon point de vue beaucoup plus pertinent de comprendre les difficultés spécifiques d’une personne que de chercher à la faire entrer dans une étiquette diagnostique.

Analyser la configuration des difficultés à résoudre est toujours plutôt utile que de chercher une étiquette et de tenter de nommer des troubles issus des index catégoriels américains.  

 

Dr Grijalvo