Psychologie des comportements masculins dans un article de Marie Claire Equilibre/Psycho

Publié le 20 février 2026 à 14:13

Découvrez ce que pensent les professionnels du fait que la moitié des hommes pensent pouvoir faire atterrir un avion.

  • Une étude YouGov révèle que 54% des hommes américains pensent pouvoir atterrir un avion en urgence.
  • Les experts en aviation soulignent l'impossibilité pour un passager lambda de piloter un avion sans formation.
  • L'effet Dunning-Kruger pourrait expliquer cette confiance excessive des hommes face à une tâche complexe.

 

Les films catastrophes regorgent de scénarios dans lesquels un pilote d'avion perd connaissance et on a tous imaginé la peur que l'on ressentirait à ce moment-là. Pourtant, cette situation ne semble pas effrayer tout le monde, une majorité des hommes pense en effet être capables de prendre le manche et de faire atterrir l'avion. Un avis que les experts du secteur aérien ne partagent absolument pas.

C'est un rappel que l'on entend après chaque accident aérien, l'avion est le moyen de transport le plus sûr au monde. En 2019, le taux d'accidents mortels de passagers s'élevait à 0,21 par million de vols et à 0,15 par milliard de kilomètres parcourus. En d'autres termes, cela signifie qu'un accident mortel se produit environ tous les 5 millions de vols. Mais ces bons résultats ne sont pas dus aux talents de pilotage des passagers.

Faire atterrir un avion : 54% des hommes s'en sentent capables

Les scenarios catastrophes ne semblent pas faire peur aux hommes. Selon une étude américaine menée par la société de sondage YouGov et publiée en janvier 2023, plus de 50 % des hommes américains estiment qu'ils seraient capables de faire atterrir un avion de ligne en situation d'urgence. Un chiffre relayé récemment par des utilisatrices de TikTok, qui interrogent leur compagnon pour savoir s'ils se sentiraient également capables d'accomplir cette tâche complexe. De nombreuses vidéos partagent leurs réponses positives, presque toutes unanimes.

Dans le détail, 46 % des hommes interrogés se sentaient "très confiants (20 %) ou plutôt confiants" (26 %) quant à leur capacité à faire atterrir un avion en cas d'urgence, avec toutefois l'assistance à distance des contrôleurs aériens. Ce chiffre est nettement supérieur aux seulement 20 % de femmes qui se considèrent capables de piloter l'appareil. Mais alors, les femmes ont-elles tendance à se limiter ? Ou bien les hommes ont-ils un ego excessif ?

La psychologie masculine en question

Dans les colonnes du Parisien, Christian Grijalvo, psychologue spécialisé dans l'étude des comportements masculins apporte une explication à cette confiance en soi proche de l'inconscience. "Si certains hommes pensent cela, c'est dû à un ego un peu surdimensionné et à une certaine banalisation du métier". Et cette confiance excessive a été analysée en psychologie sociale. Il s'agit de l'effet Dunning-Kruger : plus une personne est incompétente, plus elle surestime ses compétences. À l'inverse, celles qui sont réellement compétentes ont tendance à sous-estimer leurs capacités.

Et cette différence homme/femme s'explique également grâce aux études menées par la British Cohort Study, un vaste projet scientifique qui suit des milliers de Britanniques depuis leur naissance en 1970 et qui a permis aux chercheurs de mettre en évidence une différence significative entre les sexes. "À compétences égales, les hommes ont tendance à surestimer leurs capacités et les femmes à les sous-estimer." Une assurance renforcée dès l'enfance, à l'école et au sein de la famille, mais qui se verrait réduite à néant après quelques heures passées dans un centre de formation de pilotes de ligne.

L'avis des professionnels

Les professionnels de l'aviation sont formels : "Pour un passager lambda, c'est tout bonnement impossible", explique Gérard Feldzer, ex-pilote de ligne et président d'Aviation sans frontières. "Le tableau de bord est très complexe, il y a beaucoup de commandes à connaître, trop de paramètres à prendre en compte". "Ce qui est sûr, c’est que si le passager prend les commandes tout seul, c'est foutu", ajoute Paul Dupuy, pilote de ligne chez Air France depuis 2020.

"Les films ont fait croire que la manip' était simple, mais c'est bien plus compliqué que ça en a l'air", ajoute Paul Dupuy. En plus du paramétrage de l'assistance, qui est en soi très complexe, "il faut gérer plusieurs choses avant l'arrivée sur la piste, dont la puissance du moteur""Si une personne à bord a des heures et des heures d'expérience sur un simulateur, dispose de quelques connaissances sur le tableau de bord et que dans le même temps, les conditions météo et la communication avec la tour de contrôle sont excellentes, alors elle pourra peut-être réussir à faire atterrir l'avion", explique Gérard Feldzer.

 

L'article  Marie Claire Psycho : Plus de la moitié des hommes pensent être capables de faire atterrir un avion, selon une étude

 

Ma conclusion :

Tant que le vol est calme, il est possible de pouvoir penser piloter un avion de ligne. C’est quand les alarmes hurlent, quand tout s’emballe que chaque seconde compte que la vraie maîtrise se révèle.

Cette banalisation du métier entretient l’illusion que « tout le monde pourrait le faire ». Et cette illusion est souvent renforcée par l’ego masculin, qui pousse également beaucoup d’hommes à vouloir tout porter seuls, et à ne jamais montrer la moindre faille, à tenir coûte que coûte.

Mais dans un cockpit, comme dans la vie, la règle est la même : quand les voyants passent au rouge, on ne peut plus gérer seul à cet instant, faire appel à un professionnel, n'est pas un aveu de faiblesse, c'est un acte de mise en sécurité et de sauvegarde.

Parce que la compétence, ce n’est pas de prétendre tout maîtriser -  c’est aussi savoir quand demander de l’aide pour éviter le crash.

Gardons le contact

Dr Grijalvo