🟦 Transe et décompensation : ce qui les relie
La transe — qu’elle soit hypnotique, méditative, émotionnelle, rituelle ou induite par le stress — d'états émotionnels intenses ou encore dans la colère. mais elle implique toujours une focalisation intense et une réduction du champ attentionnel.
Ces mécanismes de focalisation sont parfois utiles dans certains contextes (performance sportive, créativité, thérapie, entraînement mental - “calme thérapeutique”, hypnotique ou méditatif mais ils reposent néanmoins sur une altération temporaire du contrôle volontaire.
La décompensation psychologique, elle, survient quand une personne perd ses capacités habituelles de régulation, souvent sous l’effet d’un stress massif, d’un conflit interne ou d’une surcharge émotionnelle.
🔷1. Les deux états mobilisent des processus similaires :
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dissociation légère ou profonde
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réduction du contrôle exécutif
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hyperfocalisation ou confusion
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altération du rapport à soi ou au réel
🔷2. La différence essentielle
La transe est réversible, encadrée, fonctionnelle. La décompensation est envahissante, non contrôlée, désorganisante.
Ce qui fait basculer de l’un à l’autre n’est pas la transe elle-même, mais :
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la vulnérabilité préexistante
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l’intensité émotionnelle
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l’absence de cadre ou de repères
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la fatigue, le stress, le manque de sommeil
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l’histoire psychique de la personne
🟦Les formes de transes avec manifestations corporelles visibles
Certaines transes — rituelles, émotionnelles, sensorielles ou physiologiques — s’accompagnent de manifestations corporelles marquées : tremblements, mouvements automatiques, respiration modifiée, cris, danse, spasmes. Ce sont des transes “expressives”, où le corps devient le lieu principal de l’expérience.
🔷1. Les transes rituelles (religieuses, chamaniques, collectives,..)
Ce sont les plus spectaculaires.
🔹Manifestations corporelles typiques :
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tremblements
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secousses
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mouvements répétitifs
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danse automatique
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cris, chants, glossolalie
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hyperventilation
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yeux révulsés ou regard fixe
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effondrement ou chute
🔹Exemples :
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cérémonies chamaniques
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transes vaudou
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rituels soufis (derviches tourneurs)
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cultes pentecôtistes
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cérémonies afro‑brésiliennes
Ici, le corps devient le support du rituel.
🔷2. Les transes induites par la musique et le rythme
Le rythme répétitif est un inducteur très puissant.
🔹Manifestations corporelles :
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danse spontanée
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balancements
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mouvements automatiques
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respiration synchronisée
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montée d’énergie corporelle
🔹Exemples :
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concerts
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rave / techno
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percussions rituelles
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transe de danse (trance dance)
Le corps “prend le dessus” sur la volonté.
🔷3. Les transes liées au plaisir (extase, orgasme, euphorie)
Ce sont des transes positives, mais très corporelles.
🔹Manifestations corporelles :
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tremblements fins
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spasmes musculaires
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respiration saccadée
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vocalisations involontaires
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perte de contrôle moteur
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crispations ou relâchements
Le plaisir intense peut provoquer une mini‑transe physiologique.
🔷4. Les transes émotionnelles intenses (colère, peur, panique)
Ce sont les transes les plus fréquentes, mais souvent mal reconnues.
Manifestations corporelles :
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crispation musculaire
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gestes brusques
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respiration rapide
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rougeur, chaleur
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tremblements liés à l’adrénaline
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agitation ou immobilité totale (freeze)
La colère est une transe émotionnelle explosive.
🔷5. Les transes induites par le stress aigu
Le stress extrême peut provoquer une transe dissociative.
Manifestations corporelles :
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tremblements incontrôlables
-
hyperventilation
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engourdissement
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mouvements mécaniques
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regard absent
-
gestes automatiques
Le corps “décroche” pour protéger le psychisme.
🔷6. Les transes respiratoires et physiologiques
Certaines pratiques modifient volontairement la physiologie.
Manifestations corporelles :
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spasmes
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tétanie des mains
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tremblements
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sensations électriques
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mouvements involontaires
-
changements de posture
Exemples :
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respiration holotropique
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breathwork intensif
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hyperventilation volontaire
Ces transes sont puissantes, et à haut risque si mal encadrées.
🟦Les transes sans manifestations corporelles visibles
Différents signes - tremblements, secousses, contractions musculaires, mouvements involontaires - peuvent apparaître dans certaines transes - rituelles, émotionnelles, chamaniques, respiratoires- mais ils ne sont ni nécessaires, ni suffisants pour définir une transe
La transe n’est donc pas forcément un état spectaculaire, et ne peut se résumer à des manifestations corporelles visibles comme des tremblements ou des contractions : c’est avant tout un état d’absorption.
Ainsi, la transe peut être silencieuse, invisible, émotionnelle, cognitive ou sensorielle
🔷1. Les formes de transe sans manifestations corporelles visibles
Beaucoup de transes sont invisibles de l’extérieur :
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absorption totale dans une tâche
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jalousie ou rage émotionnelle
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stress aigu
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dissociation silencieuse
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rêverie profonde
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conduite automatique
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fixation sur un écran
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hyperconcentration
Dans ces cas, le corps ne bouge presque pas, mais la personne est bel et bien en transe.
🔷2. Les différents marqueurs corporels de la transe sans manifestations visibles
La transe n’est pas non plus un concept abstrait : elle a des marqueurs corporels très concrets.
Voici les plus fréquents :
🔹 Signes corporels
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respiration modifiée (plus rapide, plus lente, plus profonde)
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tension musculaire ou relâchement
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chaleur, frissons, picotements
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sensation de flottement ou d’éloignement
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regard fixe ou au contraire très mobile
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micro‑mouvements répétitifs
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changement de posture
🔹 Signes attentionnels
-
tunnel attentionnel
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perte de perception de l’environnement
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difficulté à entendre ou comprendre
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focalisation sur un détail
🔹 Signes cognitifs
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pensée ralentie ou accélérée
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impression d’être “à côté de soi”
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perte de la notion du temps
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automatisme des actions
🔹 Signes émotionnels
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amplification d’une émotion
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détachement émotionnel
-
bascule rapide d’un état à un autre
🔷3. Alors… c’est quoi une transe ?
La transe est un état d’absorption où l’attention se rétrécit, le corps se réorganise et la narration interne se suspend. Elle peut être émotionnelle, cognitive, sensorielle ou traumatique — avec ou sans signes corporels visibles. Elle n’est pas pathologique en soi, mais elle rend la personne plus perméable, plus réactive et parfois plus vulnérable.
🟦 Le mécanisme de la transe : une dynamique neurocognitive en trois couches
La transe n’est pas un état mystérieux : c’est un mode particulier d’organisation de la conscience, caractérisé par une redistribution temporaire des ressources attentionnelles, sensorielles et narratives. Elle peut être naturelle (rêverie, absorption), induite (rituels, hypnose, danse), ou pathologique (dissociation traumatique, décompensation).
🔷1. La transe commence par une modification du contrôle attentionnel
La première bascule est attentionnelle.
🔹Ce qui se passe :
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Le réseau exécutif (préfrontal) réduit son contrôle volontaire.
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Le réseau par défaut (imagination, mémoire autobiographique) devient plus actif.
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Le réseau de saillance (insula, cingulaire antérieur) sélectionne un stimulus dominant : un rythme, une voix, une émotion, une image interne, un mouvement répétitif.
🔹Conséquence :
La personne cesse de traiter l’environnement de manière globale et se focalise sur un canal unique. C’est ce qu’on appelle l’absorption.
🔷2. La transe modifie l’intégration sensorielle et corporelle
Une fois l’attention captée, le cerveau réorganise la manière dont il traite les signaux internes et externes.
🔹Mécanismes clés :
-
Diminution du filtrage sensoriel (thalamus) → les perceptions deviennent plus intenses ou plus floues.
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Augmentation de l’interoception (insula) → sensations internes amplifiées, flottement, chaleur, lourdeur.
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Désynchronisation partielle du schéma corporel (pariétal) → impression de dédoublement, d’éloignement, de légèreté.
🔹Conséquence :
Le corps devient moins ancré dans l’ici‑et‑maintenant, ce qui ouvre la voie à des états modifiés de conscience.
🔷3. La transe altère la narration interne et la cohérence du Moi
C’est le cœur du mécanisme.
🔹Ce qui se produit :
-
Le Moi narratif (préfrontal médian) se met en retrait.
-
Le Moi minimal (perception immédiate, vécu corporel) prend le dessus.
-
Les frontières entre « je » et « ce qui m’arrive » deviennent plus perméables.
🔹Conséquence :
La personne peut :
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vivre des images comme réelles,
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ressentir des émotions amplifiées,
-
perdre la notion du temps,
-
se sentir « agie » par quelque chose plutôt qu’agent.
C’est ici que la transe peut devenir ressource (rituels, créativité, hypnose) ou un risque (décompensation, dissociation).
🟦4. Quand la transe devient dangereuse
🔷1. Le point de bascule
Dès que la transe perturbe la cohérence du Moi, elle peut exposer l’individu à un risque accru de désorganisation psychique.
🔹Le risque apparaît lorsque :
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le Moi narratif est trop affaibli,
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le Moi corporel est envahi par des affects non régulés,
-
l’attention est captée par un stimulus anxiogène ou traumatique,
-
la personne n’a pas de cadre externe contenant.
🔹Ce qui peut se produire :
-
confusion,
-
perte de repères,
-
surgissement d’images traumatiques,
-
fragmentation de la cohérence du Moi.
C’est à ce stade que la liaison dangereuse entre transe et décompensation peu apparaître.
🔷2. Quand la transe devient un facteur de risque ?
La transe peut devenir un amplificateur si la personne est déjà fragilisée. Par exemple :
-
un état hypnotique spontané sous stress extrême
-
une dissociation émotionnelle non reconnue
-
une immersion sensorielle qui dépasse les capacités de régulation
-
une montée en transe dans un contexte conflictuel ou traumatique
Dans ces cas, la transe n’est pas la cause, mais le terrain sur lequel la décompensation peut se déclencher
🔷3. Ce qui peut suivre - une décompensation aiguë
Une décompensation n’est jamais anodine. Elle peut entraîner :
-
une urgence psychiatrique
-
une hospitalisation sous contrainte ou en soins intensifs psychiatriques
-
une sédation médicamenteuse
-
plusieurs jours ou semaines d’hospitalisation
-
un risque de rechute dans les jours suivants
-
une perte de confiance, de sécurité interne, et parfois un sentiment de honte ou de confusion
Ce sont des conséquences lourdes, qui n’ont rien à voir avec une “mauvaise séance”. On parle d’un effondrement du système de régulation psychique.
🟦Qu’est‑ce qu’une décompensation ?
La décompensation est un effondrement temporaire de l’équilibre psychique. Elle survient lorsque les mécanismes habituels qui permettent à une personne de maintenir sa cohérence interne — émotionnelle, cognitive, comportementale — ne parviennent plus à jouer leur rôle de régulation.
Ce n’est pas un événement soudain sorti de nulle part : c’est l’aboutissement d’un processus de surcharge, où les capacités d’adaptation sont dépassées.
🔷1. Le cœur du mécanisme : la perte de régulation
En temps normal, chacun dispose de systèmes internes qui permettent de :
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organiser ses émotions,
-
maintenir une continuité du Moi,
-
filtrer les stimuli,
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donner du sens à ce qui arrive,
-
rester ancré dans la réalité partagée.
Lors d’une décompensation, ces systèmes se désorganisent.
🔹Ce qui se produit :
-
les émotions deviennent envahissantes ou incontrôlables,
-
la pensée perd en cohérence ou en continuité,
-
la perception peut se déformer,
-
le Moi se fragilise, parfois jusqu’à la rupture.
🔷2. Le facteur déclencheur : une surcharge ou une faille
La décompensation apparaît lorsque la personne :
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est exposée à un stress intense ou prolongé,
-
vit un événement qui dépasse ses capacités d’intégration,
-
ou mobilise trop longtemps des mécanismes de défense coûteux.
Ce n’est pas la cause qui compte, mais le dépassement du seuil de tolérance.
🔷3. Le résultat : une désorganisation du fonctionnement psychique
La décompensation peut se manifester de différentes manières, selon les personnes et les contextes :
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confusion, désorientation,
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débordement émotionnel,
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rupture de la continuité du Moi,
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comportements incohérents,
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retrait, sidération, agitation,
-
pensées envahissantes ou désorganisées.
L’élément central est toujours le même : la personne ne parvient plus à maintenir son équilibre interne.
La décompensation est un effondrement de la régulation psychique, où les mécanismes qui maintiennent la cohérence du Moi et l’équilibre émotionnel ne parviennent plus à fonctionner, entraînant une désorganisation temporaire du vécu et du comportement.
🟦Pourquoi certaines pratiques alternatives sont à risque
🔷1. Des risques sérieux et structurels
Avec la montée en puissance des pratiques alternatives en tout genre, on observe de plus en plus de situations où des « praticiens » auto‑formés — hypnotiseurs improvisés, coachs énergétiques, chamans néo‑spirituels, thérapeutes alternatifs ou animateurs de stages de “lâcher‑prise” — déclenchent des états dissociatifs sans disposer des compétences nécessaires pour les reconnaître, les contenir ou les stabiliser.
Ces intervenants, souvent bien intentionnés mais insuffisamment formés, utilisent des techniques puissantes : hypnose rapide, respiration intense, stimulations bilatérales, rituels chamaniques, inductions sensorielles, visualisations profondes. Or ces méthodes peuvent ouvrir des états modifiés de conscience bien plus intenses que prévu, surtout chez des personnes déjà fragilisées par le stress, l’histoire personnelle ou un fonctionnement en mode “je tiens”.
Lorsque la transe devient trop profonde, trop rapide ou trop déstabilisante, ces praticiens se retrouvent dépassés. Ils ne savent ni expliquer ce qui se passe, ni accompagner la personne, ni refermer l’état interne qu’ils ont contribué à ouvrir. C’est dans ces moments que surviennent des tremblements, des transes corporelles, des dissociations aiguës — et parfois des décompensations.
🔷2. Des situations à risques de plus en plus fréquentes
De plus en plus souvent, certains hommes en consultation me rapportent avoir vécu des tremblements, secousses ou transes corporelles après une hypnose ou une stimulation bilatérale mal encadrée. La séance alors interrompue brusquement, le praticien, dépassé par ce qu’il a déclenché, a laisse ainsi repartir les personnes désorganisées, sans explication ni stabilisation.
Récemment, on m’a rapporté le cas d’une épouse qui, lors d’une séance chamanique, a vu le “thérapeute” ouvrir un état modifié de conscience trop intense, sans aucun dispositif de sécurité. L’état interne est devenu incontrôlable, et la personne a basculé dans une décompensation aiguë, nécessitant une prise en charge psychiatrique et une hospitalisation prolongée.
Le mari, resté seul avec les enfants, a dû gérer une situation catastrophique, avec des répercussions familiales, professionnelles et personnelles considérables. Ce qui, à l’origine, n’était qu’une simple démarche de bien‑être mental s’est transformé en crise majeure, bouleversant l’équilibre du foyer et plongeant toute la famille dans une période d’incertitude et d’épuisement.
Ce ne sont pas des accidents isolés. Ce sont des risques structurels de pratiques qui manipulent l’état de conscience sans compétence clinique.
🔷3. Quand la transe devient un point de bascule vers la décompensation
Une transe mal encadrée peut entraîner :
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une perte de repères
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une désorganisation émotionnelle
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une incapacité à revenir à un état stable
-
une réactivation traumatique incontrôlée
Chez certaines personnes, cela peut évoluer vers une décompensation aiguë nécessitant une prise en charge médicale. Les conséquences peuvent être lourdes : urgence psychiatrique, sédation, hospitalisation, interruption de travail, confusion durable.
Ce type de situation n’est pas théorique. Des personnes ont décompensé après une séance d’hypnose improvisée, une stimulation bilatérale mal utilisée, ou un rituel chamanique trop intense. Certaines ont été hospitalisées en psychiatrie dans les heures qui ont suivi.
🔷4. Transe, vulnérabilité et risque de décompensation
Chez certaines personnes, le terrain est déjà vulnérable : stress chronique, passé traumatique, histoire familiale compliquée, épisodes dépressifs ou anxieux. Leur système de régulation psychique fonctionne, mais souvent au prix d’un effort constant, et c'est la raison qui les pousse vers des solutions alternatives pour retrouver un mieux être mental.
Dans ce contexte, une transe provoquée — hypnose, stimulation bilatérale, rituel, sons répétitifs; respiration intense — peut dépasser les capacités d’intégration de la personne. En effet, Lorsque la régulation interne est fragilisée, le risque de désorganisation augmente nettement ce qui peut provoquer une dissociation profonde et/ou une réactivation traumatique brutale.
Ce n’est pas la transe qui est dangereuse en soi. C’est l’absence de cadre, de préparation, de stabilisation et de compétence clinique.
🔷5. Etat de conscience modifiée et psychologie contemporaine
Depuis des millénaires, de nombreuses cultures utilisent des pratiques d’altération de la conscience — rituels, transes, chants, respirations, initiations — souvent réservées à des individus formés, sélectionnés ou longuement préparés au sein de la communauté. Ces états modifiés de conscience pouvaient être partagés dans le cadre de rites collectifs, mais ils n’étaient jamais accessibles sans cadre, sans rituel, sans transmission, et surtout sans accompagnement.
En psychologie contemporaine, certaines de ces techniques sont également utilisées : hypnose, relaxation profonde, stimulations bilatérales, visualisations guidées, travail sur les souvenirs traumatiques. Et, comme dans les cultures ancestrales, le psychologue ne met pas ces états à la portée de tout le monde sans préparation.
Il construit un cadre sécurisé, évalue la vulnérabilité de la personne, accompagne l’entrée dans l’état modifié de conscience, guide l’expérience, puis referme et stabilise l’état interne avant la fin de la séance.
Mais ce cadre n’est pas fondé sur une culture “hors sol”, ni sur une tradition venue d’ailleurs. Il s’inscrit dans la réalité contemporaine d'une vie ici et maintenant avec : un passé personnel parfois complexe, des facteurs de stress professionnels, des responsabilités quotidiennes qui n’ont rien à voir avec l’existence d’un individu au sein d'une tribu amazonienne ou d’un village amérindien.
Une fois le stage terminé ou la séance close, chacun retourne à sa vie : un travail, des enfants à l’école, des contraintes, des pressions, des fragilités.
C’est précisément pour cela que le psychologue ne construit pas un cadre “magique”, mais un cadre clinique, adapté à notre société, à nos vulnérabilités et à nos rythmes de vie.
🔷6. Etat de conscience modifiée : le rôle du psychologue
Le rôle du psychologue est de permettre que ces états modifiés de conscience soient utilisés de manière thérapeutique, sans mettre la personne en danger, en tenant compte des symptômes réels de la vie moderne : surcharge mentale, stress chronique, pressions professionnelles, responsabilités familiales, traumatismes relationnels, fatigue accumulée.
Le psychologue possède une connaissance spécifique de la nature contemporaine des angoisses et des traumas : ceux qui naissent du travail, du couple, de l’histoire familiale, des ruptures, des violences, des burnouts, des pertes, des injonctions sociales. Il sait comment ces facteurs fragilisent le système de régulation psychique, et comment accompagner une personne dans un état modifié de conscience sans la laisser se désorganiser.
Là où les traditions anciennes s’appuyaient sur une communauté, une initiation et un cadre culturel stable, imprégné d' esprits, de magie et de croyances culturellement partagées, le psychologue travaille dans un environnement où chacun retourne, après la séance, à une vie faite de contraintes, de responsabilités et de stress.
C’est pour cela que son cadre est essentiel : il protège, il stabilise, il accompagne, et il permet d’utiliser ces états internes au service de la thérapie, et non au risque de la personne.
🔷7. Etat de conscience modifiée - la nécessité de refermer l'expérience
Un état ouvert doit être refermé, La transe n’est pas un espace à laisser ouvert et la fermeture de cet état modifié de conscience est vitale.
Si la personne qui est venue chercher un mieux‑être dans une pratique alternative devient, au fil des séances, devient dépendante d’un cadre magique, d’une altération permanente de la réalité, cela veut dire que la séance ne n’est jamais refermée.
Lorsque l’état modifié de conscience n’est pas stabilisé, la personne peut ainsi continuer à chercher, en dehors de la séance, cette sensation d’irréalité ou de déconnexion pour pouvoir fonctionner — comme si elle avait besoin de rester “entre deux mondes” pour tenir.
Ce risque est bien réel, et bien connu, à la base des mécanismes d'emprises qui tend à transformer une démarche initiale par exemple de mieux‑être en adhésion, en croyance, voire en appartenance à un univers symbolique qui remplace et se substitue progressivement la réalité quotidienne.
C’est d’ailleurs une critique parfois adressée à certaines formes de psychanalyse qui ouvrie un espace thérapeutique qui ne se referme jamais vraiment, où l’on reste dans un travail sans fin, parfois jusqu’à devenir thérapeute soi‑même pour continuer à habiter cet espace.
Le rôle du psychologue contemporain est précisément l’inverse : ouvrir un état interne, l’accompagner, le travailler puis le refermer. Pour que la personne puisse revenir en meilleure santé mentale à sa vie réelle, à son quotidien, à ses responsabilités — sans dépendre d’un cadre magique, d’un rituel ou d’une altération de la réalité permanente pour exister.
🔷8. Etat de conscience modifiée - les précautions
Pour qu'une personne puisse rapidement bénéficier des effets thérapeutiques de la transe — accéder à un souvenir traumatique, relâcher une tension ancienne, transformer une émotion — sans en subir les risques, il y a la nécessité de respecter différents protocoles.
🔷Précautions pour ouvrir l'état de conscience modifiée
Il s'agit tout d'abord de prendre en compte :
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les antécédents traumatiques
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les fragilités dissociatives
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les seuils de tolérance émotionnelle
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les risques de réactivation traumatique
-
la nécessité de stabiliser avant d’exposer
Avant d’utiliser des méthodes d’altération de la conscience, il est donc indispensable de réaliser un bilan préalable, généralement en une à deux séances. Ce temps permet de clarifier la demande de la personne, de comprendre ce qu’elle traverse, et de définir où l’on va aller dans l’exploration. En quelque sorte, il s’agit d’établir un plan de ciblage, un fil conducteur qui guidera le travail lors de l’état modifié de conscience.
Ce cadre préparatoire est essentiel : il permet d’identifier la cause du mal‑être, de comprendre les mécanismes en jeu, les déclencheurs, les boucles comportementales et émotionnelles qui se répètent. Sans cette étape, entrer dans un état modifié de conscience reviendrait à ouvrir une porte sans savoir ce que l’on cherche, ni comment accompagner ce qui pourrait émerger.
🔷Nécessité de fermer l'état de conscience modifiée
Il est en effet, essentiel de refermer la séance, car toutes les mauvaises pratiques ont un point commun : elles ouvrent des états internes puissants… mais ne savent pas les refermer.
Une séance ne doit jamais se conclure par une entrée dans un “mode magique”, ni par une immersion dans un état altéré qui reste ouvert, diffus, sans contour. Laisser la personne dans cet entre‑deux, c’est l’exposer à une confusion durable, à une déréalisation, ou à une dépendance à l’état modifié de conscience pour fonctionner.
Le rôle du psychologue est précisément d’éviter cela : accompagner l’ouverture, guider l’expérience, puis refermer l’état interne, afin que la personne retrouve un ancrage clair dans la réalité et puisse reprendre le cours de sa vie sans rester suspendue dans un espace psychique inachevé.
🔷9. La responsabilité professionnelle du praticien et les recours
Toute personne qui utilise des techniques modifiant l’état de conscience assume une responsabilité professionnelle.
Cela implique qu'il doit :
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évaluer la vulnérabilité psychique
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connaître les risques dissociatifs
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savoir stabiliser avant d’exposer
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savoir refermer un état modifié de conscience
-
ne jamais laisser repartir quelqu’un en état de désorganisation
Lorsqu’un praticien déclenche un état qu’il ne sait pas gérer, ou qu’il utilise une technique sans formation adéquate, il peut engager sa responsabilité.
Les assurances professionnelles existent précisément pour couvrir ce type de risques, elles sont obligatoires pour les praticiens ainsi les personnes victimes peuvent demander réparation lorsqu’un dommage psychique survient dans le cadre où la suite d’une séance.
🔷10. Transe et risques pour les hommes
Chez les hommes de façon générale souvent réticents au “lâcher‑prise”, car ils s’appuient généralement sur des modes de fonctionnement stables du type : performance, maîtrise, endurance, “je tiens”, “je gère”, ils sont certaines difficultés avec l'hypnose et les pratiques associées.
Cependant, ce sont précisément ces hommes chez qui la vulnérabilité est masquée par le contrôle. qui peuvent lâcher d’un coup lorsqu’une pratique d’hypnose non encadrée, une stimulation bilatérale mal conduite ou une séance d’EMDR improvisée ouvre un état interne trop intense.
Le système, tenu depuis des années, peut alors céder brutalement — et c’est souvent dans ce moment de rupture que la décompensation apparaît.
Cependant, comme nous l'avons vu, ces phénomènes de transe, chez les hommes, ne se réduisent pas aux pratiques intentionnelles comme l’hypnose, les rituels, les festivals techno ou la prise de substances.
Ils peuvent aussi émerger dans des situations ordinaires : un stress aigu, une dispute, des conflits de couple, une surcharge mentale, un choc émotionnel, un souvenir traumatique qui remonte, une angoisse, une crise de panique ou même un moment de solitude trop intense.
Autrement dit, la transe n’est pas toujours choisie ; elle peut être déclenchée par la vie elle‑même.
Dans ces moments, la transe n’est pas un choix : c’est un mode de fonctionnement automatique, une tentative du système nerveux pour gérer une surcharge émotionnelle ou cognitive
🟦Conclusion
La transe n’est pas pathologique. La décompensation n’est pas une transe. Mais certaines formes de transe peuvent révéler, amplifier ou accélérer une fragilité déjà présente, surtout lorsque la personne fonctionne depuis longtemps en mode "tension maximale" - " je sois tenir coûte que coûte".
Avec l’essor des pratiques alternatives, l'on voit de plus en plus de « praticiens » auto‑formés — hypnotiseurs improvisés, chamans néo‑spirituels, coachs énergétiques — déclencher des états dissociatifs sans disposer des compétences nécessaires pour les gérer.
Hypnose rapide, respirations intenses, stimulations bilatérales ou rituels sensoriels ouvrent parfois des transes trop profondes pour être contenues, laissant la personne en état de désorganisation sans explication ni accompagnement.
Mais plus grave encore, certains thérapeutes ne referment jamais réellement la séance. L’état de transe reste alors ouvert, et la personne peut glisser progressivement vers une forme de dépendance : besoin de retrouver cet état, recherche d’un “monde magique”, adhésion à un univers symbolique ou sectaire, ou encore installation dans une altération de la réalité qui devient un mode permanent de fonctionnement.
On retrouve ce même mécanisme dans certains phénomènes de psycho‑addiction, où l’état interne devient une échappatoire comme dans certaines cures psychanalytiques sans fin, où l’espace thérapeutique reste ouvert indéfiniment, sans véritable clôture ni stabilisation.
L’absence de fermeture crée un risque majeur : la personne ne revient plus complètement à elle-même, elle reste dans un entre‑deux psychique, un espace flottant qui peut fragiliser le Moi et altérer sa capacité à vivre dans la réalité quotidienne.
Ainsi, modifier l’état de conscience de quelqu’un n’est jamais anodin. La transe peut être une ressource, un outil, un espace de transformation. Mais mal utilisée, elle peut devenir un point de rupture, surtout chez des hommes qui tiennent depuis des années par la force, le contrôle ou la performance.
C'est pour cette raison, qu'il est indispensable d’être accompagné par un professionnel compétent, capable de reconnaître les vulnérabilités, de prévenir les débordements et de sécuriser le retour à un état stable.
Cependant, certaines transes et l'entrée dans un état modifié de conscience — peut être déclenché par une émotion dans des environnements particuliers et peut ainsi révéler ou amplifier une fragilité déjà présente. Et c’est là que la compétence du professionnel devient essentielle.
Parce qu’en matière d’états internes — qu’ils soient modifiés intentionnellement ou qu'ils surgissent par accident — la sécurité n’est jamais un détail.
Elle constitue la condition même d’un travail psychologique sérieux, mené par un psychologue certifié, formé à ouvrir, accompagner et refermer ces états, même si ils ont été ouverts accidentellement et ceci sans mettre la personne en danger.
Ce n’est pas un luxe : c’est une nécessité fondamentale.
Dr Grijalvo