La psychologie masculine désigne un champ d’étude clinique et théorique qui analyse les spécificités psychologiques associées aux expériences vécues par les hommes. Elle examine l’articulation entre facteurs biologiques, développementaux, sociaux et culturels dans la formation de l’identité masculine, ainsi que leurs effets sur la santé mentale, les modes d’expression émotionnelle, les comportements adaptatifs ou problématiques, les dynamiques relationnelles et les réponses au stress ou au traumatisme.
La psychologie masculine s’intéresse autant aux vulnérabilités masculines qu’aux ressources, aux formes de souffrance invisibilisées qu’aux stratégies d'adaptation (coping), et vise à adapter les pratiques thérapeutiques aux besoins spécifiques des hommes.
🟦1. La psychologie masculine comme discipline scientifique ?
La psychologie masculine ne s’est pas créée par militantisme, ni par réaction idéologique. Elle est née d’un constat clinique, scientifique et social, qui s’est imposé progressivement aux chercheurs et aux thérapeutes.
🔷1. Les constats fondateurs
La psychologie masculine s’est fondée sur un constat simple mais longtemps ignoré : les hommes souffrent, mais leur souffrance est invisible. Invisibles dans les statistiques, invisibles dans les théories, invisibles dans les pratiques thérapeutiques. Les cliniciens ont observé des dépressions silencieuses, des suicides massifs, des traumas non exprimés, des violences subies mais non reconnues.
Les thérapeutes ont constaté que les hommes consultaient peu, abandonnaient vite, et se sentaient mal accueillis dans des dispositifs pensés pour d’autres.
Enfin, les transformations sociales ont mis en crise les modèles traditionnels de masculinité, laissant de nombreux hommes sans repères émotionnels ou relationnels.
C’est de cette convergence — souffrance invisible, inadéquation clinique, données ignorées, crise identitaire — qu’est née la psychologie masculine. Non pour opposer les sexes, mais pour comprendre les hommes tels qu’ils sont, dans leur complexité, leurs blessures, leurs ressources, et leurs besoins spécifiques.
🔷2. La structuration du champ disciplinaire
La psychologie masculine s’est structurée tardivement comme champ scientifique autonome. Si les premières recherches sur les rôles de genre apparaissent dans les années 1960, ce n’est qu’à partir des années 1980 que se constitue un véritable corpus théorique et clinique, notamment avec la création de la Society for the Psychological Study of Men and Masculinities au sein de l’APA.
Les années 1990–2000 voient l’émergence d’une littérature clinique solide (Levant, Real, Wexler) et la consolidation d’un cadre sociologique (Connell, Kimmel). Les années 2010–2020 marquent l’expansion internationale du champ, avec des travaux majeurs sur la santé mentale masculine, la solitude, la honte, la dépression et les violences inter‑masculines.
Aujourd’hui, les universités américaines (Boston University, University of Oregon, Harvard Medical School), britanniques (Manchester, UCL), canadiennes (McGill) et australiennes (Sydney) constituent les pôles principaux de recherche.
En France, le champ reste embryonnaire, dispersé entre sociologie, psychologie clinique et criminologie un premier travail identifié en psychologie masculine en 2024 à l'Université Paris Descartes. (C. Grijalvo) avec la fondation du premier Centre de Ressources en Psychologie Masculine en France.
Ainsi, la psychologie masculine est désormais un domaine en pleine structuration, à la croisée de la clinique, de la sociologie, de la victimologie, des études sur la violence et de surtout des nouvelles approches en psychotraumatologie .
Elle répond à un besoin croissant : comprendre les trajectoires psychiques des hommes, leurs vulnérabilités invisibles, et les formes spécifiques de souffrance qui traversent leurs vies.
🔷3. Les principaux auteurs
Ron Levant (2017) ( Harvard) pose les bases de la psychologie masculine comme champ clinique autonome, en montrant comment les normes de genre influencent la santé mentale des hommes. Addis (2011) explore le silence émotionnel masculin et ses conséquences psychotraumatiques, tandis que Real (1997) décrit la dépression masculine comme une souffrance masquée par la performance et la colère.
Les travaux de Connell (1995) et Kimmel (2008) éclairent la construction sociale des masculinités, leurs tensions internes et leurs contradictions. Sur le plan de la violence, Archer (2000, 2018) et Straus montrent que les hommes sont à la fois les principaux auteurs et les principales victimes dans l’espace public, tandis que Fiebert documente les violences féminines, souvent invisibilisées.
Enfin, les recherches de Reeves (2022) et Way (2011) mettent en lumière les nouvelles vulnérabilités masculines — solitude, isolement émotionnel, perte de repères — qui nécessitent une adaptation profonde des pratiques thérapeutiques.
🔷4. Robert E. Whitley : une figure majeure de la santé mentale masculine
Parmi les chercheurs contemporains qui ont profondément renouvelé notre compréhension de la souffrance masculine, Robert E. Whitley occupe une place centrale. Professeur de psychiatrie à l’Université McGill, chercheur au Centre de recherche Douglas et membre honoraire de l’Université de Melbourne, Whitley est l’un des premiers à avoir posé un diagnostic clair : la santé mentale des hommes constitue un angle mort majeur de nos sociétés.
Dans son ouvrage La santé mentale au masculin (2024), il rassemble et synthétise des décennies de recherches issues de la psychiatrie, de la psychologie, de la santé publique, de l’épidémiologie et de la sociologie. Son objectif est explicite : combler une lacune scientifique et culturelle en offrant une vue d’ensemble rigoureuse sur les difficultés psychiques des garçons et des hommes. Il montre que les hommes sont surreprésentés dans les suicides, les addictions, l’isolement social et les troubles liés à la honte — mais que ces réalités restent peu reconnues, peu étudiées, et encore moins prises en charge.
Whitley insiste sur un point essentiel : les hommes souffrent, mais leur souffrance n’est pas nommée. Elle est souvent interprétée comme de la colère, de l’agressivité, du retrait ou de l’indifférence, alors qu’elle relève fréquemment de blessures psychiques profondes. Son travail contribue ainsi à légitimer la figure de « l’homme vulnérable », non pour opposer les sexes, mais pour élargir le champ de la santé mentale et offrir aux hommes un espace clinique où leur détresse peut enfin être reconnue et traitée.
En ce sens, Whitley s’inscrit dans la lignée des pionniers de la psychologie masculine, tout en apportant une perspective contemporaine, empirique et transdisciplinaire. Son œuvre constitue aujourd’hui l’une des références les plus importantes pour comprendre la crise silencieuse que traversent de nombreux hommes — et pour imaginer des réponses thérapeutiques adaptées.
🔷5. Les universités et centres de recherche pionniers
Amérique du nord (le cœur historique du champ)
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Boston University – Ronald Levant (père de la psychologie masculine moderne).
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University of Massachusetts Boston – Michael Kimmel (sociologie des masculinités).
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University of Oregon – Michael Addis (silence émotionnel masculin).
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Harvard Medical School – Terrence Real (dépression masculine).
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University of Central Lancashire (UK) – John Archer (agression masculine).
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APA Division 51 – centre institutionnel majeur.
- Université Mcgill Montréal - Robert E. Whitley ( Santé mentale au masculin)
- Tremblay (l'Agressivité des jeunes garçons)
🟦2. La psychologie masculine pourquoi ?
La psychologie masculine naît de constats désormais devenus impossibles à ignorer.
🔷1. Les hommes souffrent, mais la psychologie ne veux pas les voir souffrir
En effet, les hommes en psychologie ont majoritairement été étudiés comme :
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des sujets neutres, indistincts et confondus avec le féminin
-
porteurs de normes sociales de référence,
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des agents de domination.
- majoritairement porteurs de violences
- contaminés par une masculinité toxique
Mais jamais comme des êtres spécifiques et vulnérables.
Pourtant les cliniciens remarquent une augmentation :
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des dépressions silencieuses,
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des suicides massifs,
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des addictions,
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des effondrements émotionnels,
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des violences subies mais non avouées,
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des traumas non reconnus.
- des comportements violents, des colères explosives
La psychologie masculine s'attache à comprendre spécifiquement les causes de la souffrance masculine, ses formes particulières, ses mécanismes propres, afin d’en réduire les symptômes
🔷2. Les hommes ne vont pas en thérapie mais la thérapie n'est pas faite pour eux
Les thérapeutes constatent toujours :
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que les hommes consultent très peu,
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qu’ils abandonnent rapidement,
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qu’ils se sentent jugés, incompris, infantilisés,
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que les approches classiques ne fonctionnent pas.
Cependant, aucun ne s'interrogent sur l'éventuelle inadaptation des cadres thérapeutiques et des modèles :
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les modèles thérapeutiques sont construits par et pour des femmes,
- la psychologie est une anthropologie du féminin
-
les hommes ont besoin d’une clinique adaptée à leurs modes d’expression,
-
si certains auteurs américains la honte masculine est un obstacle majeur à la demande d’aide.
La psychologie masculine doit chercher à adapter sa clinique aux hommes
🔷3. Les hommes ne sont que des agresseurs jamais des victimes !
Avec l’essor de la victimologie, certaines données deviennent impossibles à ignorer. Portant la victimologie n'est genrée que dans le domaine des violences conjugales, où les femmes sont majoritairement victimes et les hommes majoritairement agresseurs. Cette focalisation, bien qu'essentielle ne représente cependant qu’une partie du réel. Et si l’on étendait l’analyse à des statistiques véritablement sexo‑différenciées, l'on verrait dès lors apparaître une victimologie masculine massive où les hommes représentent :
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75 % des suicides sont masculins,
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70 % des accidents du travail,
- 70 % des accidentés sur la voie publique
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78 % des morts sur la route,
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70 % des agressés hors domicile,
Pourtant, cette réalité — celle d’hommes massivement victimes dans de nombreux domaines — n’apparaît pratiquement jamais dans la littérature psychologique. La figure de « l’homme victime », avec ses formes particulières de vulnérabilité, reste largement invisibilisée. La victimologie masculine, malgré son importance statistique, est encore trop souvent ignorée ou considérée comme non pertinente, comme si elle ne pouvait pas exister en tant que telle.
La psychologie masculine soit exister pour combler ces angles morts statistiques et cliniques, notamment dans la spécificité de la prise en compte des victimes masculines.
🔷4. La violence masculine non une nature mais une conséquence
Les hommes sont violents et représentent :
- 84 % des mis en cause (tous crimes et délits confondus)
- 95 % des personnes incarcérées
Cependant — et il ne s’agit ni de justifier ni d’excuser — les études nord‑américaines qui introduisent une lecture genrée de la criminalité montrent un fait difficile à ignorer : près de 75 % des violences conjugales commises par des hommes à l’égard de femmes sont liées à des violences ou maltraitances subies dans l'enfance des auteurs de ces violences. Autrement dit, une grande partie de ces comportements s’inscrit dans la continuité de traumatismes précoces non traités.
De même, les recherches longitudinales portant sur les parcours criminels d’hommes incarcérés révèlent que plus de 80 % d’entre eux ont été victimes de maltraitances, de violences domestiques ou d’expériences négatives majeures durant l’enfance. Ces travaux démontrent de manière répétée que les traumatismes infantiles augmentent fortement la probabilité de comportements violents ou criminels à l’âge adulte.
La violence masculine, dans une proportion massive, est donc d’abord une violence subie avant d’être une violence exercée.
Dans ce contexte, il est illusoire de penser que l’injonction morale, la stigmatisation ou la « déconstruction » abstraite des normes masculines puissent avoir un quelconque effet, ce que démontre les chiffres avec une augmentation d’environ +80 % à +100 % des violences conjugales enregistrées en France sur vingt ans.
Ce n’est pas en cherchant à fabriquer un « homme nouveau » conforme à un idéal social que l’on réduit la violence, ce n'est pas en favorisant la précarité des couples , ou désormais entre 50 % et 60 % des unions (tous statuts confondus) se séparent dans les 10 ans, mais plutôt en analysant les causes, en comprenant les conséquences, en désensibilisant les traumatismes et en aidant les hommes à mieux interpréter leurs environnements, leurs émotions et les débordements de colère qui en découlent.
C’est précisément pour combler ces déficiences que la psychologie masculine peut intervenir en amont, avec des outils spécifiques pour la prise en soin précoce de l’irritabilité, des traumatismes, et des formes particulières que peut prendre la violence masculine. Non pas en renforçant les injonctions, comme c'est souvent le cas, mais en offrant un cadre clinique adapté, fondé sur la compréhension plutôt que sur la culpabilisation.
🔷5 . Les modèles de masculinité traditionnels ne fonctionnent plus
Tous les chercheurs en psychologie et en sociologie convergent aujourd’hui vers les mêmes constats et observent :
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une crise identitaire masculine,
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une perte de repères,
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une solitude émotionnelle croissante,
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une difficulté à exprimer la vulnérabilité,
-
une pression sociale contradictoire : être fort, mais sensible ; protecteur, mais non dominant ; performant, mais humble.
Dans ce contexte, l’ancien modèle de l’homme taiseux — celui qui trouvait refuge dans des activités typiquement masculines, de la pêche au bricolage, des smartphones aux jeux vidéo — ne fonctionne plus. Les attentes contemporaines ont profondément changé : l’homme doit rester présent, disponible, attentif aux inquiétudes de ses proches, (famille, partenaire, enfants ; Il ne peut plus se retrancher derrière un stéréotype protecteur ou silencieux ; il doit écouter, parler, communiquer, se montrer émotionnellement accessible.
Mais cette exigence s’accompagne d’une autre, tout aussi lourde : il doit être fort, tout en ne montrant pas trop sa fatigue ; être stable, mais ne pas s’effondrer ; être solide, mais sans jamais paraître fragile trop longtemps. Une équation impossible, qui place les hommes dans une tension permanente entre ce qu’ils ressentent et ce qu’ils pensent devoir incarner.
Certains auteurs comme Michael Addis parle ainsi d’un « double bind masculin » « Les hommes doivent être forts, mais on leur reproche de ne pas être vulnérables. »
La psychologie masculine se fixe pour objectif de mieux comprendre comment les hommes se construisent dans un monde qui change plus vite que leurs modèles.
🟦4. Le projet d'une psychologie masculine en France
🔷1. Tentative de définition
Lors de l'émergence d'un champ disciplinaire nouveau, il y a toujours des tentatives multiples de définition selon les différents points de vue adoptés.
Selon notre perspective, la psychologie masculine serait l’étude de ce que signifie être un homme dans un monde qui finalement attend des hommes la force, mais qui dans le même temps, ne leur offre presque jamais des outils de compréhension de leur fatigue, de leur anxiété, de leurs angoisses et de leurs difficultés.
C’est la tentative de comprendre comment les hommes apprennent à taire leurs blessures, à contenir leurs émotions, à survivre à la violence — celle qu’ils subissent qu'ils ont subi, autant que celle parfois qu’ils infligent.
C'est une exploration clinique de la manière dont les hommes se construisent, se protègent, se perdent parfois, et cherchent malgré tout un chemin vers la dignité.
La psychologie masculine ne cherche pas à excuser ni à accuser : elle cherche à comprendre. À rendre visible ce qui ne l’est pas. À offrir aux hommes un espace clinique où ils peuvent enfin exister autrement que dans la caricature.
Ainsi, la psychologie masculine serait l’étude des processus psychiques, émotionnels, relationnels et comportementaux propres aux trajectoires d’hommes vivant dans un contexte socio‑culturel donné. Elle explore la manière dont les hommes construisent leur identité, expriment leurs vulnérabilités, gèrent la souffrance, entrent en relation, affrontent la violence — subie ou agie — et cherchent du sens dans un monde qui leur impose des attentes contradictoires.
🔷2. Améliorer la diffusion de la psychologie masculine
Le projet de diffusion de la psychologie masculine nécessite tout à la fois de la rendre accessible et de la faire connaître que dans clarifier ses fondements théoriques, ses concepts, ses modèles explicatifs, et en montrant en quoi elle constitue un véritable changement de paradigme dans la compréhension du masculin.
Enfin, il est nécessaire d' ancrer cette théorie dans la pratique, en s’appuyant sur les retours d’expérience cliniques, les observations de terrain, les trajectoires réelles des hommes, leurs difficultés, leurs résistances, leurs modes d’expression, leurs stratégies de survie.
Il deviendrait alors possible, par tâtonnements successifs, par la compilation de données, par l’inventaire de ce qui se fait ailleurs — là où la discipline est plus avancée — et par l’échange de pratiques, de participer à la construction d’un véritable mouvement de diffusion. Un mouvement qui ne soit ni idéologique ni abstrait, mais empirique, clinique, vivant : un mouvement qui parte de ce que vivent les hommes, de ce qu’ils disent, de ce qu’ils n’arrivent pas encore à dire, de ce qu’ils montrent malgré eux.
L’objectif n’est pas de produire une théorie supplémentaire, mais de faire émerger une connaissance issue du terrain, nourrie par les expériences, les trajectoires, les impasses et les réussites. Une connaissance qui se construit pas à pas, qui s’ajuste, qui se corrige, qui s’affine, et qui finit par dessiner une clinique réellement adaptée aux réalités masculines.
🔷3. Améliorer la compréhension du masculin
Si la psychologie masculine vise à améliorer la compréhension des difficultés masculines, en cela, elle ne serait donc pas une théorie supplémentaire mais une méthode scientifiquement argumentée un regard critique, une pratique partagée qui se construit au plus près de l’expérience masculine.
Elle viserait à :
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rendre visibles les formes spécifiques de souffrance masculine ;
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proposer des outils cliniques adaptés aux hommes ;
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former les professionnels à ces spécificités ;
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créer des espaces de parole où les hommes peuvent enfin se reconnaître ;
-
et nourrir la discipline par des retours d’expérience continus, afin d’ajuster, affiner, corriger, améliorer.
S'interresser à la psychologie masculine s'est initier un projet de diffusion, mais aussi à terme de transformation c'est à dire que par le retour d'expérience et la ré-interrogation permanente des théories existantes et des nouveaux apports proposés, il s'agirait effectivement de transformer la manière dont la psychologie clinique pense généralement les hommes, ceci afin d'améliorer la prise en soin des difficultés masculines et d'innover dans la manière dont les hommes peuvent accéder à la psychologie.
🔷4. Adapter les pratiques et développer une clinique pour les hommes
Si, depuis des années, nous constatons inlassablement que les hommes ne consultent pas — alors même que leurs besoins psychologiques n’ont jamais été aussi importants — il devient nécessaire de questionner les explications habituelles.
Et si nous refusons les caricatures et les préjugés sur le masculin, si nous rejetons l’idée que les hommes seraient simplement « de mauvaise volonté », alors une autre hypothèse s’impose : ce n’est pas l’homme qui refuse la psychologie, c’est la psychologie qui ne parvient pas encore à accueillir l’homme.
Autrement dit, la sous‑représentation masculine en thérapie ne relève pas d’un défaut individuel, mais d’une inadéquation structurelle : la psychologie clinique peine encore à reconnaître, comprendre et prendre en soin les besoins spécifiques des hommes.
Dans cette perspective, en tant que psychologue attentif aux souffrances masculines, il devient nécessaire de développer un projet dédié. Un projet qui cherche à comprendre les causes particulières de la souffrance masculine, ses formes propres, ses mécanismes spécifiques, afin d’en réduire les symptômes et d’offrir enfin aux hommes un espace thérapeutique réellement adapté, accessible et efficace.
Cependant de notre expérience, pour rendre visible une souffrance qui reste invisibilisée, minimisée ou mal interprétée, il est nécessaire de réinterroger les fondements de la discipline. En effet, sans cet effort particulier la psychologie continuera — malgré elle — à laisser les hommes en marge de ses dispositifs.
🔷5. Notre expérience professionnelle 2003-2023
De nos premiers travaux de recherche on publiés en 2003 sur les sapeurs‑pompiers et les forces de sécurité, jusqu’à mes recherches les plus récentes en 2023 consacrées à la victimologie masculine, durant plus de vingt ans, nous nous sommes spécialisés dans l’aide et l’accompagnement psychologique des hommes, managers, sportifs professionnels, militaires, personnels de sécurité et d’urgence, travailleurs indépendants, agriculteurs et employés confrontés à des situations de tension ou de vulnérabilité.
Notre formation initiale s'est inscrit dans une trajectoire universitaire transdisciplinaire, validée (1996-2002) par différents diplômes de 3ème cycles dans différentes disciplines telles que la socio‑économie (Pr. Henri Savall), la psychologie du travail et des organisations (Pr. Yves Clot), l’ergonomie cognitive (Pr. Falzon, Pr. Rabardel) et la psychodynamique du travail (Pr. Dejours, réseau A.-M. Pezé – Souffrance au Travail), l'ensemble de ce parcours a trouvé sa conclusion dans une thèse de doctorat en 2001.
De retour en France en 2023 nous avons souhaité réactualiser nos connaissances en psychologie clinique c'est pourquoi nous nous sommes rapprochés de la psychotraumatologie, qui nous semblait ouvrir des perspectives extrêmement prometteuses. C'est ainsi que nous avons été accueillis par le Pr Louis Jehel dans sa formation universitaire durant laquelle nous avons pu enrichir notre compréhension scientifique des différents phénomènes psychiques notamment liés au traumas et à leurs conséquences .
🔷6. Une rencontre déterminante Robert E. Whitley
C’est dans le contexte, particulier de notre recherche d'un sujet de mémoire, que j'ai eu l'occasion de découvrir lors d’une émission de radio canadienne, une interview de Robert E. Whitley consacrée à la santé mentale au masculin. Il y présentait ses travaux les plus récents en psychologie masculine. Cette écoute a été une véritable révélation.
Sans doute, notre trajectoire singulière — à la fois professionnelle et universitaire — centrée majoritairement sur les hommes nous a naturellement rendus plus sensibles à la nécessité d’une expertise spécifique orientée vers la compréhension des comportements masculins.
Sans, l'écoute de cet interview, je n'aurai jamais pu imaginer, qu'une telle perspective clinique soit possible , j'ai retrouvé sur internet, d'autres présentations de ses travaux qui expliquaient notmment les difficultés et des formes souvent invisibles que peut prendre la souffrance masculine, qu’elle soit professionnelle, intime ou familiale.
C'est ainsi que j’ai présenté un mémoire intitulé « Pistes de réflexion pour le développement d’une offre de prise en soin thérapeutique spécifique pour les hommes ». Bien que perçu comme marginal et potentiellement politique, ce travail à néanmoins été favorablement accueilli par l’équipe de psychotraumatologie du Pr. Jehel (Université Paris‑Descartes).
🔷7. Notre démarche dans un mouvement plus large
Depuis une quinzaine d'années (2010) outre‑Atlantique, il y a l’apparition des premières études de psychologie clinique genrée, qui ont contribué à structurer, aux États‑Unis notamment, le commencement d'un champ théorique et clinique d'une psychologie spécifiquement consacrée aux hommes.
Autant de signes annonciateurs de l’émergence d’une psychologie masculine au sens plein du terme. Par ailleurs au Canada notamment, sous l'impulsion de quelques pionniers plusieurs initiatives ont pu émerger, comme des Maisons pour hommes, Centres de ressources pour hommes, programmes de prévention et d’accompagnement pour hommes et pères. Nous pourrions également citer le mouvement Movember initier en Australie, mais désormais internationalement connu et spécifiquement consacré à la santé masculine.
En France, pourtant, ces démarches suscitent un intérêt très limité et sont souvent ramenées à une lecture caricaturale. En effet, tout ce qui, de près ou de loin, concerne la prise en compte du masculin est immédiatement associé au masculinisme, comme s’il ne pouvait s’agir que d’une tentative déguisée de restaurer une masculinité traditionnelle et patriarcale. En conséquence, ce rejet et cette réduction systématique empêche d’emblée toute réflexion clinique sérieuse sur les besoins spécifiques des hommes.
🔷8. Une réalité : les hommes consultent peu
Le constat reste inchangé depuis des décennies : les hommes en population générale sous‑utilisent massivement les dispositifs de soin en santé psychique. Ils ne représentent qu’environ 30 % des consultations en psychologie, alors même que leurs difficultés sont nombreuses et souvent sévères : dépressions profondes, taux de suicide très élevés, irritabilité chronique, angoisses, consommation problématique d’alcool ou de drogues, addictions diverses, difficultés liées à la violence.
Faute d’un accompagnement précoce et adapté, beaucoup d’hommes finissent par entrer dans le système de soin mais par la voie la plus brutale l’hospitalisation en urgence psychiatrique .
Mais à cela s’ajoute un autre phénomène silencieux : les traitements qui s’installent dans la durée. Beaucoup d’hommes, faute d’un accompagnement psychologique adapté, se retrouvent sous traitements prolongés — anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères ou antalgiques — parfois pendant des années. Ces prescriptions, souvent initiées en situation de crise, deviennent des solutions durables faute d’alternatives thérapeutiques réellement accessibles.
Ce qui devait être un soutien ponctuel devient une béquille permanente, avec son cortège de dépendances, d’effets secondaires et d’usure psychique. Une manière de tenir debout, certes, mais pas de guérir. Et l’usage chronique de ces molécules n’est jamais anodin : il expose à des risques de dépendance, à des effets secondaires parfois lourds, à une altération progressive du fonctionnement quotidien, et, dans certains cas, à une aggravation de la détresse initiale qui conduit à augmenter les dosages au fil du temps.
On attribue souvent les réticences masculines à consulter à des traits supposés « naturels » des hommes et à des préjugés sur la masculinité : les hommes seraient silencieux, peu enclins à parler d’eux, incapables d’exprimer leurs émotions, trop fiers pour demander de l’aide. Ces explications, profondément ancrées, conduisent à une conclusion implicite : pour correspondre aux exigences d'entrée en thérapie les hommes devraient en préalable changer pour s'adapter au cadre proposé.
La psychologie masculine renverse ce raisonnement. Elle affirme que le problème ne vient pas des hommes, mais d’un cadre thérapeutique qui ne leur correspond pas. Ce n’est donc pas aux hommes de se conformer à la psychologie, mais à la psychologie de se réinventer pour accueillir leurs modes d’expression, leurs rythmes, leurs vulnérabilités spécifiques.
🔷9. Les constats sont toujours les mêmes !
Selon nous, les difficultés persistantes dans la prise en soin des hommes ne relèvent pas d’un simple malentendu ou d’un manque d’effort individuel de la part des hommes. Elles sont la conséquence d’un ensemble de phénomènes structurels qui, depuis des décennies, façonnent la psychologie.
Ces mécanismes — historiques, institutionnels, culturels et méthodologiques — continuent aujourd’hui d’orienter la manière dont la psychologie pense, accueille et interprète la souffrance.
Quoi qu’en disent certains de nos collègues psychologues, ces cadres hérités empêchent encore largement une véritable prise en compte des hommes. Non pas par hostilité explicite, mais parce que la discipline s’est construite autour de modèles, de normes émotionnelles et de pratiques cliniques qui correspondent davantage aux modes d’expression féminins.
C'est pourquoi, les hommes, eux, se retrouvent souvent en décalage avec ces attentes implicites : leur manière de souffrir, de demander de l’aide, de se protéger ou de se taire ne rentre pas dans les catégories habituelles. Ce que Terrence Real a récemment formulé avec une justesse implacable : « Les hommes souffrent en silence, et ce silence les tue. »
🔷10. La psychologie masculine nécessite un changement de paradigme
Malgré des décennies de recherches, la psychologie dominante peine encore à comprendre les difficultés spécifiques du masculin et à proposer des solutions réellement adaptées aux hommes en souffrance.
Face à cette incapacité structurelle, la psychologie masculine apparaît comme une réaction nécessaire. Non pas une opposition idéologique, mais une réponse pragmatique : si les modèles existants ne parviennent pas à accueillir les hommes, alors il faut créer un cadre qui le permette. Une clinique qui reconnaît leurs modes d’expression, leurs trajectoires, leurs blessures précoces, leurs mécanismes de protection, leurs formes particulières de détresse. Une clinique qui ne demande plus aux hommes de se transformer pour entrer en thérapie, mais qui transforme la thérapie pour qu’elle puisse enfin les recevoir.
La psychologie masculine se présente ainsi comme un changement de paradigme : passer d’une discipline qui interprète les comportements masculins comme des résistances, des défauts ou des stigmates, à une discipline qui les comprend comme des signaux cliniques, des stratégies de survie, des réponses adaptatives à des environnements hostiles, et qui propose des outils concrets pour les accompagner.
🔷11. Notre décision d'agir
Depuis des décennies, toute la profession reformule toujours les mêmes constats, les hommes ne consultent pas, et conséquemment les institutions développent les mêmes actions, campagnes de sensibilisation, financement de dispositifs gratuits, mouvements spécifiquement masculins tels que Movember, mais autant d'actions qui se heurtent invariablement aux mêmes logiques implicites qui structurent la discipline.
Et finalement rien ne change, parce que rien n’est pensé autrement. Il est donc peut‑être temps, justement, de sortir de ces impasses. De cesser de répéter les mêmes analyses et les mêmes constats en espérant des résultats différents. Et, selon une logique toute masculine d’action‑réaction, de reconnaître que lorsque les solutions proposées en amont ne fonctionnent pas, il devient nécessaire de réagir, d’innover, et de proposer d’autres voies d'actions.
🟦5. La psychologie masculine en tant que praticien
🔷1. Ma présence sur Doctolib depuis 2024
En tant que professionnel de santé inscrit au RPPS en tant que psychologue, j’ai choisi de proposer sur Doctolib une approche réellement novatrice : des consultations gratuites de 45 minutes à 1 heure, exclusivement réservées aux hommes, avec des réservations immédiates et des agendas largement ouverts, y compris le soir et notamment le dimanche soir.
L’objectif était aussi d’offrir une présence dans des moments particulièrement sensible. Et notamment le dimanche soir où l’angoisse monte, où la semaine à venir semble écrasante, où la solitude se fait sentir, où les tensions professionnelles ou familiales ressurgissent. Un moment où beaucoup d’hommes ont besoin d’aide, mais où les dispositifs classiques sont fermés, et où seules les urgences psychologiques sont ouvertes.
En ouvrant ces créneaux tardifs et accessibles immédiatement, j’ai pu accueillir des hommes au plus près de leurs difficultés réelles, comprendre leurs demandes spécifiques, et recueillir un retour empirique précieux pour développer des outils et des protocoles véritablement adaptés à leurs besoins.
Ainsi, les observations issues de ce dispositif m'ont permis de développer des outils et des protocoles cliniques véritablement adaptés aux besoins masculins identifiés.
A ce jour, nous avons assumé plus de 500 consultations gratuites sur Doctolib.
🔷3. La création d'un centre de ressources psychologiques pour hommes
Dans le but de promouvoir la santé et le bien être masculin, dans le courant de l'année 2025 pour la première fois en France, nous avons initié la création d'un centre de ressources psychologiques pour hommes et pères.
Nous avons ainsi, crée une page Facebook Casa Azul Maison Partage ainsi qu'un site vitrine www.man-care.fr avec un blog et une présence sur Doctolib, où nous proposons des consultations gratuites avec à ce jour plus de 600 consultations réalisées via la plateforme ou notre site.
Nous avons ainsi développé des outils et des méthodes spécifiquement adaptées aux hommes.
Depuis 2026 nous proposons des thérapies courtes et ciblées, sous forme de forfaits d’un à deux mois, centrées sur les difficultés les plus fréquemment rencontrées : angoisses, anxiétés, surcharge mentale, tensions au travail, conflits dans le couple, difficultés liées à la paternité ou aux responsabilités familiales.
Pour chacune de ces problématiques, nous avons établi des protocoles précis, fondés sur une approche globale et intégrative.
Notre objectif est d’offrir des réponses rapides et concrètes : des rendez‑vous immédiats, des interventions orientées solutions, et un accompagnement réactif, y compris via des échanges par SMS lorsque la situation l’exige.
L’idée est simple : pour un coût forfaitaire limité permettre aux hommes d’obtenir une aide globale et efficace, adaptée à leurs besoins, sans attendre et en tenant compte de leurs contraintes, de leur rythme, et de leur manière particulière de demander de l’aide.
🔷4. Les fondamentaux de notre centre de ressources pour hommes
Aujourd’hui, après une première année d’existence et après avoir accompagné de nombreux hommes qui ont pu trouver auprès de nous des réponses concrètes à leurs difficultés, nous sommes désormais en mesure de dégager clairement les fondamentaux et les valeurs structurantes de notre centre de ressources.
Cette année de présence, d’écoute et d’expérimentation clinique nous a permis d’observer, d’ajuster, de comprendre ce qui fonctionne réellement pour les hommes. Elle nous a donné la matière nécessaire pour formaliser une identité, une méthode et une vision cohérentes — celles qui fondent désormais notre projet.
🔵1. La nécessité d'un clinique adaptée aux réalités masculines
Il s'agit d'admettre l’idée que les hommes au-delà des différences neuro-biologiques ont des modes d’expression, des trajectoires et des formes de souffrance spécifiques, qui nécessitent une approche clinique pensée pour eux. Il ne s’agit pas de les changer pour qu’ils entrent dans la clinique actuellement proposée, mais d’adapter la clinique pour qu’elle puisse enfin les accueillir.
🔵2. Une démarche empirique, pragmatique, fondée sur l’expérience
Notre expertise s'est construit à partir de ce que vivent réellement les hommes : leurs symptômes, leurs difficultés, leurs silences, leurs stratégies de survie. Les outils et méthodes sont élaborés par tâtonnements successifs, par retours d’expérience, par analyse des pratiques, et par comparaison avec les approches internationales les plus avancées.
🔵3. L'explication pédagogique des fonctionnements psychiques
Il est nécessaire d’adopter une démarche continue de psycho‑éducation : expliquer clairement sur quelles théories reposent les outils utilisés, quelles connaissances issues des neurosciences, de la neuro‑imagerie ou de la neuro‑biologie les soutiennent, et en quoi elles éclairent les difficultés rencontrées par les hommes.
Cette démarche, déjà présente chez de nombreux collègues, est particulièrement essentielle avec les hommes, qui ont un besoin marqué de compréhension, de cohérence et de rationalité dans leur parcours de prise en soin.
🔵4. Un langage clair, accessible, non idéologique
La psychologie masculine doit être compréhensible par tous. Il s'agit de refuser les discours abstraits, les jargons inutiles, les théories déconnectées du terrain. Chaque outil est expliqué, contextualisé, relié à des connaissances solides et scientifiquement validées, sans jamais tomber dans la simplification abusive.
Toute théorie, même la plus complexe, peut être expliquée simplement et comprise par un non‑spécialiste. C’est un positionnement assumé : un refus de l’obscurantisme et du pseudo‑scientisme qui masque souvent l’absence de pensée réelle. Ce qui se conçoit clairement doit pouvoir s’énoncer clairement. Notre démarche consiste donc à rendre intelligibles les concepts, à expliciter et à montrer sur quelles connaissances nos analyses reposent, et à permettre à chacun de comprendre ce qu’il vit sans être perdu dans un discours opaque.
🔵5. Un refus des étiquettes et des diagnostics pré-formatés
De façon générale nous rejetons les approches testologiques qui ont tendance à enfermer dans des catégories rigides. Nous refusons également la mise en scène du psychologue sachant , étiquetant les individus en distribuant des diagnostics réalisés à l’emporte‑pièce, pas d’expertise verticale. Nous revenons toujours aux symptômes, aux situations vécues, aux problèmes concrets, pour permettre un véritable travail de résolution. D'une manière générale, nous n'acceptons pas les diagnostics psychologiques posés par d'autres, sans les remettre systématiquement en question.
🔵6. Des thérapies courtes, ciblées et orientées solutions
Nous proposons généralement des accompagnements courts (1 à 2 mois), structurés autour des difficultés masculines les plus fréquentes. Chaque protocole est pensé pour être efficace, rapide, opérationnel, avec des rendez‑vous immédiats et un soutien réactif (y compris par SMS). Il s'agit de thérapies dynamiques, avec des exercices, des avancées, des résultats et des attendus, mais aussi des recadrages, des soutiens immédiats en cas de difficultés ponctuelles et un aide spécifique rapide délivrée à tous moments où les hommes ne sont jamais laissés seuls face à leurs difficultés .
🔵7. La rupture du rituel des séances régulières et de l'écoute active
Nous opérons une rupture nette avec le modèle traditionnel des séances toutes les deux semaines, trop lentes, trop déconnectées, trop éloignées des besoins immédiats des hommes.
Il y a une rupture définitive avec les techniques classiques de l'écoute active, qui institutionnalisent la passivité du thérapeute et reposent sur l’idée que le travail psychique se ferait lentement, par petites touches, au fil de séances où le psychologue intervient peu ou pas. Ce modèle, fondé sur la neutralité et la retenue, ne répond pas aux besoins des hommes qui cherchent des repères, des outils, des explications, des stratégies concrètes.
Notre approche assume au contraire une posture active, engagée, structurée : le thérapeute parle, explique, oriente, propose, corrige, accompagne. Il ne se contente pas d’écouter : il guide, il entraîne, il co‑construit avec l’homme une manière nouvelle de comprendre ses émotions, ses comportements et ses réactions.
🔵8. La dynamique globale de l'action et de la transformation
Notre approche repose sur une dynamique continue : des débriefings réguliers, centrés sur les situations vécues, les réactions émotionnelles, les comportements observés. Chaque séance devient un point d’appui, un ajustement, un recalibrage. Nous refusons les thérapies passives, et les suivis interminables qui n'avancent pas. Nous défendons l'idée d'une psychologie comportementale et cognitive, dynamique, opérationnelle, où chaque semaine compte, où chaque séance produit un effet, où chaque action est reliée à un objectif concret.
Notre approche repose sur une dynamique continue : des débriefings réguliers, centrés sur les situations vécues, les réactions émotionnelles, les comportements observés. Chaque séance devient un point d’appui, un ajustement, un recalibrage. Nous utilisons des évaluations, des exercices concrets, des techniques de visualisation et de mentalisation, ainsi que des éléments issus des sciences du mouvement et des méthodes sportives. L’objectif n’est pas de “parler de soi” indéfiniment, mais de s’entraîner, de tester, de corriger, de progresser.
🔵9. Le patient n'est pas suivi ou pris en charge
Dans cette logique, le thérapeute ne “prend pas en charge”, mais en soin, de la même façon il ne fait pas de suivi, et ce n'est pas lui qui porte ou suit le patient, c'est l'homme qui en suivant l'entraîneur, le préparateur mental et comportementaliste améliore sa façon de penser et d'agir. Ainsi, chaque individu qui entre dans le programme d'une psychologie comportementale et cognitive suit son préparateur psychologique, un guide qui l’accompagne dans une démarche active, structurée, orientée vers le changement.
Dans ce cadre, tous les outils mis en oeuvre dans le cadre thérapeutique sont mis en place pour aller vers leur utilisation en autonomie, le but n'est pas de créer une dépendance, mais d'aller vers l'autonomie,.;
Dans ce cadre, tous les outils mis en oeuvre dans le cadre thérapeutique ont un objectif précis : permettre aux hommes de les utiliser en autonomie. Le but n’est pas de créer une dépendance au thérapeute, mais de conduire progressivement vers une capacité d’auto‑régulation, d’auto‑analyse et d’auto‑ajustement. Chaque technique, chaque exercice, chaque protocole est pensé pour être appropriable, réutilisable, intégré dans la vie quotidienne. L’accompagnement n’est pas une prise en charge passive : c’est un apprentissage actif, qui vise à rendre l’homme capable de poursuivre seul ce qu’il a commencé en séance.
🔵10. Une approche globale et intégrative
Nous visons à faire interagir plusieurs disciplines : psychologie clinique, neurosciences, thérapies brèves, ACT, schémas, psycho‑éducation, approches corporelles, mentalisation, compréhension des environnements sociaux, micro-sociologie, psychologie organisationnelle et du travail, mais également certaines formes d'addictologie, la nutrition, la sexualité au sens large. Notre objectif est d’offrir une prise en charge la plus complète, possible cohérente, adaptée au rythme et aux besoins des hommes.
🔵11. Une éthique de la présence , de la responsabilité et de la limite
Nous valorisons la présence, l’engagement, la responsabilité émotionnelle — non comme injonctions, mais comme chemins possibles pour apaiser la souffrance masculine. Il s’agit d’aider les hommes à tenir, à comprendre, à agir, sans leur demander d’être parfaits transparents ou invulnérables.
Cependant, ce type de démarche comporte naturellement des limites, qui sont généralement celles des approches comportementales et cognitives. Ainsi, notre cadre d'intervention est auprès d’hommes adultes appartenant à la population dite « générale » c'est-à-dire des personnes qui ne présentent pas de troubles psychiatriques sévères, qui ne sont pas en crise aiguë et qui ne sont pas déjà engagées dans un suivi spécialisé pour des pathologies telles que la schizophrénie ou les troubles associés.
Toutefois lorsque certaines de ces situations complexes, se présentent nous travaillons en lien étroit avec le psychiatre, mais nous ne pouvons offrir aucune garantie de réussite. Les chances d’amélioration existent, mais elles restent toujours variables, dépendantes de la nature du trouble, de la stabilité de la personne, et de la coordination entre les différents professionnels. Notre engagement est d’intervenir avec rigueur, prudence et transparence, en respectant les limites de notre champ d’action et en orientant lorsque cela est nécessaire.
🔵12. Une volonté de transformation collective
L'idée de créer un centre de ressources psychologiques pour hommes n’est pas seulement un lieu de consultation. C’est un espace de diffusion, de réflexion et de construction d’une discipline nouvelle. Il vise à transformer la manière dont la psychologie pense les hommes, mais aussi la manière dont les hommes peuvent accéder aux services psychologiques, sans honte, sans obstacle, sans caricature.
Dans cette perspective, nous cherchons à produire et à partager des connaissances issues de notre pratique clinique, de nos observations et de nos protocoles. Nous travaillons également à faire connaître la psychologie masculine dans le débat scientifique et public, afin d’éviter les simplifications, les malentendus et les préjugés — portés sur le masculin ou sur la légitimité même d’une approche psychologique qui lui soit dédiée.
Ainsi, notre ambition serait d’ouvrir un espace rigoureux et accessible, où la psychologie masculine pourrait être discutée, enrichie, critiquée et développée. Un espace où l’on peut penser le masculin autrement, c'est a dire loin des clichés, et où l’on peut enfin reconnaître la nécessité d’une clinique adaptée aux réalités vécues par les hommes.
🟦6. Les résultats de notre action
🔷1. La perception de la psychologie masculine dans le monde universitaire français
Dans le monde universitaire, toute réflexion sur la psychologie masculine est fréquemment interprétée comme une prise de position politique, comme si s’intéresser aux hommes revenait à menacer un équilibre idéologique fragile.
Et, finalement, l’idée implicite qui domine chez de nombreux enseignants de la discipline est la suivante : si chacun commence à développer une psychologie «pour soi», c’est‑à‑dire une psychologie réellement genrée, alors c'est la discipline qui serait elle‑même serait menacée. Comme si reconnaître la spécificité masculine revenait à fragmenter la psychologie plutôt qu’à l’enrichir.
Pourtant, comme nous l’avons montré, la psychologie telle qu’elle s’est historiquement construite est loin d’être neutre, en effet, elle constitue, en grande partie, une anthropologie du féminin. Ainsi nous avons nous-même tenté d'explorer les biais méthodologiques de la psychologie contemporaine : une discipline historiquement construite par des hommes observant des femmes, mais aujourd’hui largement pratiquée par des femmes pour des femmes.
Plusieurs auteurs engagés dans la défense d’une psychologie masculine — notamment Ronald Levant ou David Wexler — ont souligné aux Etats-Unis différents biais structurels notamment dans la constitution et l'exercice de la profession 80% de psychologues femmes pour 80% de patients qui sont des patientes.
Et bien avant eux, des auteures féministes avaient déjà mis en lumière les paradoxes fondateurs d'une discipline créée par des hommes mais construite presque exclusivement à partir de l’observation de femmes - les patientes.
Par ailleurs, il est essentiel de noter que la discipline est sous l'influence des gender studies (études de genre) qui bénéficie d'une diffusion massive et de l'appui du militantisme wokiste, qui ne laisse que très peu de place à l'étude du genre masculin, puisqu'il refuse même la notion de binarité, en s'interesant à tous les autres genres possibles autre que le masculin majoritairement jugé violent par nature et toxique.
En conséquence, différentes formes de rejets et de réductions systématiques empêchent d’emblée toute réflexion clinique sérieuse sur les besoins spécifiques des hommes, cependant des fissures peuvent apparaître. Et si la perception de notre action à ce jour, est faible, c'est aussi en lien, avec un relatif isolement et du peu de temps, que nous pouvons consacrer à la publication dans le champ universitaire, cependant nous gardons espoir.
🔷3. La perception de notre action dans la sphère sociale
🔵1. Du point de vue médiatique
Notre démarche suscite pour l’instant un intérêt limité et, lorsqu’elle est évoquée, elle est souvent ramenée à une lecture caricaturale. Tout ce qui touche à la prise en compte du masculin est rapidement associé au masculinisme, comme s’il ne pouvait s’agir que d’une tentative de restaurer une masculinité traditionnelle ou patriarcale. Les quelques journalistes qui nous ont contactés cherchaient majoritairement le conflit ou l’angle polémique. À ce jour, nous avons cependant bénéficié d’une mention en tant que spécialistes des comportements masculins, cela a été repris notamment dans Le Parisien, mais dans un traitement ambigu, révélateur des tensions autour du sujet.
🔵2. Du point de vue des hommes
Les hommes qui nous consultent — souvent attirés par la disponibilité immédiate et la gratuité du premier contact — perçoivent notre intervention comme une prestation de service utile et évidente.
Pour près de 80 % d’entre eux, il s’agit de leur première rencontre avec un psychologue : n’ayant aucun point de comparaison, ils ne perçoivent pas immédiatement la spécificité de notre approche, mais ils retiennent surtout la rapidité, la clarté et l’efficacité de la réponse.
Parmi ceux qui entrent ensuite dans nos programmes, majoritairement pour des troubles anxieux, la situation est similaire : pour environ 80 %, c’est leur première expérience thérapeutique. Ils découvrent la psychologie à travers notre dispositif et n’identifient pas encore ce qui le distingue. Les 20 % restants ont déjà tenté une thérapie, souvent sans succès, et arrivent avec une forme de déception ou de désillusion vis‑à‑vis des approches classiques et sont donc enthousiastes d'entrer dans le programme.
Enfin, les hommes qui refusent immédiatement d’adhérer à notre démarche appartiennent, dans 100 % des cas, à un autre profil : ce sont des hommes ayant déjà consulté plusieurs psychologues et recherchant un suivi au long cours, un cadre présentiel ritualisé, parfois vécu comme un espace social, un rendez‑vous structurant ou une manière de “voir du monde”. Notre approche, plus active, plus brève et plus orientée solutions, ne correspond pas à leurs attentes.
Enfin, il est important de rappeler que la majorité des hommes qui nous contactent appartiennent à la population générale : ils cherchent un nouveau praticien, un avis ponctuel ou une réponse rapide à une question précise. Ils ne sont pas engagés dans un suivi psychologique lourd, ni inscrits dans un parcours psychiatrique complexe.
🔵3. Du point de vue des femmes
La réaction des femmes à notre démarche est généralement la plus vive, dans le cas où elles ne sont pas directement concernées.
Ainsi, plusieurs messages réprobateurs nous ont été adressés, considérant qu’une approche spécifiquement masculine serait inutile, injustifiée ou problématique. Ces réactions traduisent la difficulté persistante, dans l’espace public, à reconnaître le masculin comme une catégorie clinique légitime, distincte d’une revendication identitaire.
Certaines femmes expriment leur incompréhension en affirmant qu’elles « se pensent hommes » et qu’une psychologie devrait être la même pour tous. Dans ces situations, nous orientons systématiquement vers des structures adaptées — maisons des femmes, associations spécialisées, dispositifs gratuits non genrés comme Mon soutien psy. Ce travail d’orientation est nécessaire, mais il représente une charge importante.
Pour chacune d'entre elles, nous avons répondu, et indiquer le nombre important de structures et d'associations spécifiquement dédiées et réservées aux femmes au regard du faible nombre ou de l'inexistence de dispositifs spécifiques pour les hommes.
D’autres femmes plus respectueuses de notre démarche nous contactent pour mieux comprendre les difficultés de leurs compagnons, et cherchent des explications sur les comportements masculins. Nous les invitons alors à encourager directement la personne concernée à nous contacter, ce qui, dans la majorité des cas, n’aboutit pas.
Il arrive également que des femmes prennent rendez‑vous pour leur conjoint, ami, fils ou parent. Dans ces situations, l’homme accepte généralement la démarche : il choisit ensuite le thérapeute et, face à notre présentation, imagine qu’il y trouvera une forme de fraternité masculine et un espace où il se sentira moins jugé.
Plus rarement, certaines femmes prennent rendez‑vous puis utilisent la messagerie pour nous décrire la situation de leur point de vie, poser un diagnostic sur leur conjoint ou nous donner des instructions. Ces cas restent marginaux, mais ils existent.
Dans tous les cas, nous considérons que les femmes qui nous contactent pour leurs conjoints, amis ou proches masculins sont a priori bienveillantes, et nous leur répondons systématiquement. Ce qui demeure plus difficile, ce sont les attitudes déplacées ou les réactions hostiles à l’existence même de notre action.
🔷4. Notre bannissement de la plateforme professionnelle Doctolib
En tant que psychologue et professionnel de santé, nous avons accès à la plateforme Doctolib qui est désormais la plateforme de référence de la réservation en ligne, nos diplômes et références sont en conformes aux exigences de la plateforme
Cependant nous nous sommes retrouvés menacés de bannissement de la plateforme pour refus de prestation en fonction du genre.
Ainsi, notre projet de comprendre spécifiquement les causes de la souffrance masculine, ses formes particulières, ses mécanismes propres, afin d’en réduire les symptômes et d’offrir enfin aux hommes un espace thérapeutique réellement adapté a été jugé comme « contenu discriminant », au motif que l’article 225‑2 du Code pénal interdit de refuser une prestation de service en raison du sexe ou de l’identité de genre.
Or il ne s’agissait nullement d’un refus de soin, mais d’une démarche clinique spécialisée — comme il en existe pour les enfants, les couples, les personnes âgées ou les victimes de violences. En tant que professionnel de santé, nous avons une obligation de compétence : nous ne pouvons exercer en dehors de notre champ d’expertise.
Notre présentation jugée discriminante a été effacée : la mention « réservées aux hommes », associée à des consultations gratuites, a été supprimée, et nous nous sommes immédiatement retrouvés avec un agenda rempli presque exclusivement de patientes — alors qu’en temps normal, nous recevons à peine un ou deux consultations masculines par jour.
Nous avons réécrit notre texte de présentation, et nous avons maintenu nos consultations spécifiquement réservées aux hommes, cependant cet épisode en dit long sur l’état actuel du débat en France.
La souffrance masculine est si peu reconnue que lui consacrer un espace clinique est perçu non comme une réponse à un besoin réel, mais comme une menace, une anomalie, voire une transgression idéologique.
Ainsi, l’idée même qu’un homme puisse avoir besoin d’un lieu spécifique pour parler de sa détresse semble encore suspecte. Et ceci alors même que "l'année 2025 la santé mentale a été érigée en Grande Cause Nationale, une première depuis la création du label « Grande Cause Nationale » en 1977".
🟦Conclusion
Solitude et immensité de la tâche !!
Il y a, en effet, dans notre démarche, quelque chose qui relève de la solitude face à l’immensité de la tâche. Ainsi, à partir d’une simple intuition, relayée et renforcée par la diffusion d'interviews sur la nécessité d’améliorer la compréhension du masculin, nous avons, en un peu plus d'un an, tenté de développer une approche spécifique, à la fois pratique et théorique.
Nous avons cherché à comprendre les difficultés spécifiques des hommes, à leur offrir un espace dédié, tout en élaborant des protocoles fondés sur la théorie des schémas et sur les avancées récentes en psychotraumatologie. Autant d'outils conceptuels construits dans un dialogue constant entre les approches américaines et françaises, afin de croiser les perspectives, d’enrichir nos modèles et de proposer une clinique réellement adaptée aux réalités masculines.
La création d’un centre de ressources psychologiques pour hommes et pères, est née de notre seule initiative, sans financement, sans soutien institutionnel, parfois même sous le regard suspicieux de ceux qui considèrent cette spécificité comme discriminante — au point d’en faire un motif de rappel à la loi.
Pourtant, le développement d’une psychologie masculine n’est pas une provocation : c’est une évidence clinique, un besoin social, un enjeu de santé publique. Les réticences, les restrictions et les tentatives d’empêchement qui persistent relèvent d’une vision archaïque, déconnectée de la réalité contemporaine et de l’évolution des connaissances.
Car les faits demeurent : les hommes consultent peu. Et ni les injonctions, ni les campagnes nationales, ni les dispositifs gratuits comme Mon soutien psy, ni même l’année 2025 érigée en Grande Cause Nationale pour la santé mentale n’ont modifié cette réalité.
En 2025, lors de cette grande cause nationale des centaines de professionnels du secteur, psychologues, psychothérapeutes, associations et institutions ont ainsi travaillé ensemble, produit des résolutions, organisé des campagnes de déstigmatisation et multiplié les actions de terrain. Des financements considérables ont été distribués à des structures, des fédérations et des instituts.
Pourtant, dans ce paysage, pour l'occasion saturé d’initiatives, nous n'avons eu aucun contact particulier si ce n'est ceux portés par des oppositions caricaturales et sans aucun intérêt réel pour la psychologie masculine ou une attention particulière à notre expérience pourtant novatrice.
Mais plus grave encore, tout ceci pour quels résultats du point de vue des hommes en ce qui concerne des politiques de prévention prenant en compte les spécificités masculines ou des dispositifs réellement adaptés aux hommes ? Absolument aucun. Et du point de vue, des bilans annuels de consultations, les taux de fréquentations masculines (H- 30%) tous dispositifs confondus, restent inchangés, les constats sont identiques, les mêmes impasses se répètent.
Et combien d’hommes avons‑nous rencontrés, qui placés sous obligation de soins après des violences conjugales, ou intégrés d'office à des dispositifs de prévention et de sensibilisation, en milieu carcéral, nous ont témoigné du faible impact de ces prises en charge.
Et si ces hommes avaient effectivement bien retenus la sanction et la peine, qu'ils attribuaient pour l'essentiel à un système, il n'avaient rien compris de ce qui leur était intimement arrivé, rien compris de leurs mécanismes internes, rien compris de la dynamique de leur violence. Alors que, dans notre approche, nous avons pu leur offrir des explications, une compréhension, des outils de régulation — ce que personne ne leur avait jamais donné auparavant.
Ainsi, rien n'évolue, les constats restent identiques, les actions engagées restent les mêmes et les résultats sont inchangés, les hommes consultent peu, sont sous-représentés dans les parcours de soin, sont sous-médicalisés et les problèmes de différences d'accès aux soins psychiques et psychiatriques sont structurels depuis des années. Et finalement tout se passe comme si la psychologie ne concernait pas les hommes. Pourtant
Mais, peut-on vraiment leur en vouloir? Et si ce sentiment éprouvé de manière diffuse, si cette réticence naturelle vis a vis de la psychologie et des psychologues, n'était finalement que la traduction d'une certaine réalité d'une psychologie, qui dans sa forme actuelle, ne serait finalement qu’une psychologie du féminin, laissant les hommes à la marge.
Alors les hommes marchent seuls. Il restent seuls face à leurs difficultés ; Seuls face à leurs angoisses, leurs effondrements silencieux, leurs tentatives de tenir coûte que coûte. Seuls, essayant de résoudre par eux-mêmes ce qu’aucun dispositif ne leur adresse vraiment.
Notre centre nous l'espérons n 'est qu’un début. Une première pierre. Une tentative modeste mais déterminée pour ouvrir un espace, proposer une méthode, faire connaître une discipline nouvelle.
Nous savons que la tâche est immense, que les résistances sont fortes, que le chemin sera long. Mais nous savons aussi que cette démarche est juste, nécessaire, et qu’elle répond à un besoin réel, massif, encore invisible.
Nous continuerons donc. À écouter. À comprendre. À construire. À défendre l’idée qu’une psychologie masculine qui n’est ni un privilège, ni discriminante mais simplement une réponse adaptée à une souffrance spécifique .
Nous sommes seuls oui mais nous poursuivons, nous avançons essayant de résoudre par nous-mêmes, sans attendre rien de l'extérieur, mais au moins faut-il nous laisser travailler !