Piaget a montré que l’enfant construit des “schèmes”, c’est‑à‑dire des structures mentales qui lui permettent de comprendre le monde et de s’y adapter. Jeffrey Young, quant à lui, décrit des “schémas précoces inadaptés”, qui sont des structures émotionnelles et relationnelles construites dans l’enfance pour faire face à un environnement imparfait.
Là où les schèmes de Piaget évoluent naturellement, les schémas de Young se rigidifient et continuent d’influencer l’adulte. Les deux approches se rejoignent cependant sur un point essentiel : nous interprétons le monde à travers les structures que nous avons construites.
🟦Les schèmes de Piaget et les schémas de Young : continuités, ruptures, articulations
🔷1. Deux traditions théoriques différentes, mais un même mot-clé : “schème / schéma”
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Piaget (France, constructivisme) : Le schème est une structure mentale d’action permettant à l’enfant d’interpréter et d’organiser le monde. → C’est un outil cognitif évolutif, qui se transforme par assimilation et accommodation.
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Young (USA, thérapie des schémas) : Le schéma précoce inadapté est un patron émotionnel, cognitif et relationnel durable, issu d’expériences précoces non satisfaites. → C’est une structure affective profonde, stable, qui organise les perceptions et les comportements de l’adulte.
Même mot, mais deux niveaux différents :
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Piaget → développement cognitif
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Young → organisation émotionnelle et relationnelle
🔷2. Le point commun fondamental : l’être humain construit des structures internes
Malgré leurs différences, Piaget et Young partagent une idée centrale :
L’être humain ne reçoit pas le monde : il le construit.
Chez Piaget :
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l’enfant construit des schèmes d’action pour comprendre la réalité.
Chez Young :
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l’enfant construit des schémas émotionnels pour survivre dans son environnement relationnel.
Dans les deux cas, l’enfant organise activement son expérience.
🔷3. La différence majeure : la finalité de la construction
- Piaget : une construction orientée vers l’adaptation cognitive
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Le schème permet de penser, de classer, de raisonner.
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Il évolue naturellement vers des formes plus complexes.
- Young : une construction orientée vers la survie affective
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Le schéma précoce inadapté permet à l’enfant de faire face à un environnement relationnel imparfait.
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Il devient ensuite rigide, répétitif, coûteux.
Piaget → développement Young → souffrance psychique
🔷4. Le mécanisme commun : l’assimilation
C’est ici que le lien devient passionnant.
Chez Piaget :
L’enfant assimile les nouvelles informations à ses schèmes existants. → Il interprète le monde à travers ses structures internes.
Chez Young :
L’adulte assimile les situations actuelles à ses schémas précoces. → Il interprète le présent à travers ses blessures anciennes.
Schèmes ou Schémas - une même logique :
Nous voyons le monde à travers nos structures internes.
Mais chez Young, ces structures sont émotionnellement chargées et souvent douloureuses.
🔷5. Le mécanisme de transformation : l’accommodation
Piaget :
Quand un schème ne suffit plus, l’enfant l’ajuste. → C’est un processus naturel.
Young :
L’accommodation est difficile : → le schéma précoce est rigide, chargé d’affects, auto‑renforcé. → il nécessite un travail thérapeutique pour être modifié.
Piaget : accommodation spontanée
Young : accommodation thérapeutique ( Via la thérapie des schémas mise en place au Centre de Ressources pour Hommes)
🔷6. Le lien clinique : les schémas de Young comme “schèmes affectifs figés”
L’articulation entre les deux modèles peut se formuler ainsi : les schémas de Young sont des schèmes piagétiens dont le processus d’accommodation a été interrompu. Confrontés à des expériences relationnelles douloureuses, ils se sont cristallisés au lieu de se transformer.
Les schémas de Young sont des schèmes piagétiens qui n’ont pas pu évoluer et qui se sont cristallisés autour d’expériences relationnelles douloureuses.
Autrement dit :
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Piaget décrit la construction normale des structures internes.
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Young décrit la construction blessée de certaines structures internes.
Les schémas de Young sont donc :
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affectifs plutôt que cognitifs,
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rigides plutôt que évolutifs,
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défensifs plutôt que adaptatifs,
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relationnels plutôt que logiques.
🔷Une articulation utile en psychologie masculine
L’apport de Piaget rappelle que tout être humain construit activement ses structures internes : les schèmes sont des outils d’apprentissage qui permettent de comprendre, organiser et anticiper le monde. Ils évoluent tout au long de la vie grâce à l’assimilation et à l’accommodation, deux processus qui garantissent la plasticité de la pensée.
La théorie de Jeffrey Young prolonge cette perspective en montrant que certaines structures internes — les schémas précoces inadaptés — se forment lorsque des besoins fondamentaux (sécurité, attachement, reconnaissance, autonomie…) n’ont pas été suffisamment satisfaits. Ces schémas ont d’abord une fonction protectrice, mais ils peuvent se rigidifier et continuer d’organiser la vie émotionnelle de l’adulte.
Pour les hommes, cette articulation est particulièrement éclairante :
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les schèmes piagétiens expliquent comment ils apprennent à penser, à structurer leur compréhension du monde ;
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les schémas de Young expliquent comment ils apprennent à se protéger, à répondre aux contextes relationnels et affectifs qui ont marqué leur histoire.
🟦Conclusion
Piaget a montré que l’enfant construit des “schèmes”, c’est‑à‑dire des structures mentales qui lui permettent de comprendre le monde et de s’y adapter. Jeffrey Young, quant à lui, décrit des “schémas précoces inadaptés”, qui sont des structures émotionnelles et relationnelles construites dans l’enfance pour faire face à un environnement imparfait.
Là où les schèmes de Piaget évoluent naturellement, les schémas de Young se rigidifient et continuent d’influencer l’adulte. Les deux approches se rejoignent cependant sur un point essentiel : nous interprétons le monde à travers les structures que nous avons construites.
Mais contrairement à une vision fataliste, les schémas de Young ne sont pas des structures définitives. Ils peuvent être reconnus, nommés, compris et transformés. Leur rigidité n’est pas une fatalité : elle reflète un apprentissage ancien, qui peut être réouvert, retravaillé et réorienté.
Là où Piaget décrit la plasticité cognitive, Young montre que cette plasticité peut être retrouvée sur le plan émotionnel et relationnel. La thérapie des schémas devient alors un travail d’accommodation tardive, permettant à l’adulte de réactualiser des structures internes figées et de retrouver une capacité d’ajustement.
C'est ce travail que nous proposons au Centre de Ressources en Psychologie pour Hommes au travers du déploiement rapide d'une Thérapie des Schémas spécifiquement adaptée aux hommes.
Dr Grijalvo