Sous des appellations respectables comme la Foundation for Shamanic Studies (FSS) et ses réseaux affiliés — Shamanic Walk, enseignements de Sandra Ingerman, et autres déclinaisons se développe de façon accélérée le Core Shamanism, un modèle contemporain du chamanisme, standardisé, exporté et commercialisé dans de nombreux pays, dont la France.
Derrière un discours de “guérison”, “éveil” ou “transformation personnelle”, ces structures reposent sur une organisation pyramidale : progression par niveaux, certifications payantes, hiérarchie interne, réseaux de facilitatrices, vente d’objets rituels hors de prix, stages successifs et formations pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.
Ce modèle économique, fondé sur la vulnérabilité psychologique et la quête de sens, se transforme trop souvent en machine à broyer les couples et les familles.<
De plus en plus de femmes adhèrent à ces techniques et croyances issues du New Age, aujourd’hui packagées sous forme de produits marketing séduisants. Mais que se passe‑t‑il lorsque l’homme refuse d’adhérer à la pensée magique ou aux croyances imposées par le groupe ? Il devient alors l’obstacle, le “non‑initié”, celui qui “bloque l’évolution”.
A partir de là, la dynamique s’emballe : dépenses excessives, isolement progressif, dépendance émotionnelle au groupe, dévalorisation du conjoint… et parfois même une rupture présentée comme “spirituellement justifiée”. Ces structures font déjà l'objet de signalements pour abus de confiance et de dérives sectaires, cependant ces organisations sont extrêmement puissantes et les procédures sont longues.
Il est cependant important de comprendre que business model du néo-chamanisme est parfaitement structuré et industrialisé et les sommes globalement générées ne sont pas négligeables avec une progression fulgurante depuis le covid et un marché global du Body Mind Energy healing estimé à 80 milliards de dollars en 2024.
Le néo-chamanisme est une machine d’extraction qui aspire les économies, les repères et les liens, puis rejette les adeptes comme des coquilles vides, entourés de leurs objets magiques hors de prix — reliques d’une promesse qui n’a jamais existé.
Mais comment intervenir en tant qu'homme pour sauver son couple et sa famille !
🟫 1. Néo-Chamanisme un marché "spirituel" extrêmement lucratif
Depuis une dizaine d’années, des organisations américaines et leurs affiliés européens ont transformé le chamanisme en industrie :
-
stages à plusieurs centaines ou milliers d’euros,
-
certifications en cascade,
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retraites “initiatiques”,
-
achats compulsifs d’objets rituels (tambours, pierres, plumes, oracles),
-
abonnements à des cercles ou des guidances,
-
voyages “sacrés” hors de prix.
Le modèle fonctionne selon une logique clairement pyramidale : plus on avance, plus on paie, et plus on est censé “monter en niveau”. L’objectif final proposé aux participantes est souvent de devenir “femme médecine”, “guérisseuse” ou même “Grand Chaman” — c’est‑à‑dire de prendre la tête de sa propre pyramide, de créer son école, ou d’ouvrir son propre cercle de formation.
Ce mécanisme est bien connu : ceux qui atteignent les niveaux supérieurs ne deviennent pas des héritiers d’une tradition, mais de nouveaux relais commerciaux affiliés chargés de recruter, former et certifier à leur tour, perpétuant ainsi la structure et ses revenus.
Cependant, comme dans toute structure pyramidale, les places au sommet sont extrêmement rares, tandis que le nombre d’adeptes qui s’appauvrissent ou se retrouvent ruinés est infiniment plus élevé.
🟫2. Chamanisme traditionnel vs chamanisme commercial
Le chamanisme traditionnel — qu’il soit amérindien, sibérien ou amazonien — est une pratique ancestrale, profondément enracinée dans des cultures, des cosmologies et des rituels précis. Ce n’est pas lui qui pose problème.
Il est essentiel de rappeler que le chamanisme traditionnel authentique est à l’opposé absolu de la logique financière. Dans les cultures amérindiennes, sibériennes ou amazoniennes, la transmission chamanique obéit à des règles complexes, exigeantes, souvent secrètes, et profondément enracinées dans une communauté.
La transmission chamanique ne s’achète pas, ne se certifie pas et ne se vend pas en stages de week‑end.
Le chamanisme traditionnel n’est ni un produit, ni un service, ni un parcours de formation. Il ne repose pas sur des niveaux, des modules, des certifications, des objets rituels vendus à prix d’or ou des promesses de transformation personnelle.
Il est hors des circuits commerciaux et industriels, et sa transmission est liée à la responsabilité, à l’éthique, à la communauté et à la continuité culturelle au sein d'une communauté précise,
C’est précisément parce que ces règles traditionnelles sont incompatibles avec le marché spirituel contemporain que le néo‑chamanisme commercial a dû inventer un modèle standardisé, simplifié, rentable — mais totalement déconnecté des traditions qu’il prétend représenter.
🟫 3. Décontextualisation des symboles
La difficulté fondamentale du néo‑chamanisme commercial à opérer est la décontextualisation totale des symboles qu’il utilise. Les animaux‑totems, les images, les chants, les objets rituels ne sont pas des “archétypes universels” que l’on pourrait s’approprier librement.
Dans les cultures chamaniques authentiques, chaque symbole appartient à une communauté précise, à une histoire, à un environnement, à une cosmologie, et à un mode de vie particulier.
L’exemple de l’ours est particulièrement éclairant. Dans une communauté sibérienne, l’ours n’est pas un “totem de puissance” ou un “guide intérieur”. C’est un animal réel, chassé, consommé, respecté, craint, célébré. Sa fourrure permet de survivre. Sa viande nourrit la famille. Son esprit est honoré dans des rituels complexes, transmis sur plusieurs générations. La symbolique de l’ours est donc incarnée, vitale, existentielle.
Dans le monde contemporain occidental, l’ours est un animal de zoo, un personnage de dessin animé, de film ou un nounours d’enfance. Nous n’avons ni la relation écologique, ni la relation spirituelle, ni la relation de survie qui donnent sens au symbole. Nous n’avons pas le contexte. Nous n’avons pas la cosmologie. Nous n’avons pas la transmission.
S’approprier ces symboles hors de leur culture d’origine revient à les vider de leur sens, puis à les recharger artificiellement avec des projections personnelles ou commerciales. Ce n’est pas du chamanisme : c’est une esthétique spirituelle, un décor, un imaginaire importé, souvent vendu à prix d’or.
Le néo‑chamanisme commercial ne transmet pas des traditions : il découpe, standardise, reconditionne et vend des fragments symboliques arrachés à leur contexte, sans comprendre — ni respecter — ce qu’ils signifient réellement pour les peuples qui les ont créés.
🟫 4. Néo-Chamanisme un “mieux‑être” payé au prix fort !
Le néo‑chamanisme commercial n’a plus rien à voir avec le chamanisme traditionnel qui repose sur une transmission communautaire, exigeante, non marchande, profondément liée à un territoire, à une cosmologie et à un mode de vie. Elles ne sont pas transposables dans le monde contemporain, et encore moins commercialisables.
À l’inverse, le néo‑chamanisme moderne propose un “mieux‑être” standardisé, vendu sous forme de stages, de certifications et d’objets rituels hors de prix. Mais ce mieux‑être apparent a un coût : celui d’entrer progressivement dans les dérives de la pensée magique, de s’éloigner du réel, de perdre ses repères, et parfois de glisser vers une dépendance émotionnelle et financière.
Derrière les promesses d’éveil, ce système déconnecté des traditions authentiques expose les personnes à des risques psychologiques majeurs, fragilise les couples, et laisse trop souvent derrière lui des vies abîmées, des familles en crise et des adeptes seuls avec leurs illusions achetées à prix d’or.
🟫 5. Néo‑chamanisme : quand la quête de sens devient un marché à risques !
Ce qui alarme aujourd’hui les cliniciens, les familles et les organismes de vigilance, c’est l’essor rapide d’un néo‑chamanisme commercial importé des États‑Unis, organisé en réseaux pyramidaux et désormais solidement implanté en Europe. Ce phénomène, loin d’être marginal, se diffuse dans certaines régions de Suisse et de France, où de nombreux hommes voient leurs épouses devenir adeptes et s’inquiètent de cette transformation soudaine.
Dans ce contexte, il devient essentiel de comprendre et d’identifier les mécanismes de cette dérive, d’en analyser les conséquences psychologiques et conjugales, et de poser les bases d’une intervention efficace pour protéger le couple, la famille et la santé mentale.
Car derrière un discours séduisant de “guérison”, “éveil” ou “empowerment”, ce système génère des dégâts considérables : déstabilisation psychologique, dépendance émotionnelle, dépenses excessives, ruptures conjugales et isolement social.
De nombreux hommes, désemparés, tentent d’engager une thérapie familiale ou consultent des psychologues. Mais dans la majorité des cas, dans un contexte de "fraternité féminine exacerbée", ou face à des collègues peu sensibilisés au phénomène, les hommes sont rapidement perçus comme psycho‑rigides ou fermés d’esprit.
Considérés comme des conjoints cherchant à empêcher leur partenaire de s’engager dans une démarche de bien‑être — voire comme des hommes trop rationnels, incapables d’accueillir la “féminité sacrée” ou la “quête spirituelle” de leur épouse, ils se retrouvent rapidement sur le banc des accusés.
Pourtant, ce n’est pas cela qui est en jeu. Le Core-Chamanisme est un véritable marché d’extraction psychospirituelle qui, vise à transformer les victimes en relais commerciaux malgré elles. et une fois le maximum d’argent pris, laisse derrière lui des personnes ruinées, isolées, psychologiquement brisées, entourées de babioles magiques achetées hors de prix.
Ainsi, pour des individus en recherche de sens, les solutions prêtes‑à‑l’emploi proposées par le néo‑chamanisme commercial comportent des risques importants, souvent largement sous‑estimés. En offrant des réponses standardisées, aussi simplifiées que séduisantes, ces pratiques ne répondent pas à la demande profonde : en la déplaçant et en la détournant, elles amplifient les difficultés existantes et peuvent transformer un questionnement initial en problématiques psychologiques beaucoup plus graves.
Au lieu d’apporter un apaisement durable, elles créent une confusion identitaire, renforcent la dépendance émotionnelle et ouvrir la voie à des problématiques psychologiques graves. La personne croit avancer, mais elle s’éloigne progressivement de ses repères internes, de son autonomie et de sa capacité à comprendre réellement ce qui lui arrive. Ce glissement est d’autant plus dangereux qu’il se fait sous couvert de “guérison”, de “révélation” ou de “transformation spirituelle”.
🟫 6. Une emprise douce mais progressive
Contrairement aux sectes coercitives, ces groupes utilisent une emprise douce, fondée sur :
-
la valorisation narcissique (“tu as un don”, “tu es une femme médecine”),
-
la fusion émotionnelle,
-
la sororité spirituelle,
-
un langage codé,
-
des rituels excitants,
-
une narration de transformation personnelle.
Pour des personnes fragilisées, anxieuses, en quête de sens ou en perte d’identité, c’est un cocktail extrêmement attractif.
🟫 7. Les risques psychologiques : un terrain clinique préoccupant
Les signalements se multiplient aux États‑Unis, en Suisse et en France. Et même si ces structures internationales nient farouchement toute implication, les retours du terrain et les témoignages recueillis par les professionnels font apparaître des problèmes récurrents et préoccupants :
✔ Risques de décompensations sévères
Les pratiques de transe, de dissociation ou de “voyage” peuvent provoquer confusion, déréalisation, angoisses massives.
✔ Cycles excitation/effondrement
Les stages procurent une montée émotionnelle intense, suivie d’une chute brutale. Ce cycle peut mimer des symptômes bipolaires et créer une dépendance.
✔ Renforcement de la pensée magique
Tout devient signe, message, synchronicité. La personne perd sa capacité d’évaluation rationnelle.
✔ Dépendance affective au groupe
Le groupe devient la source principale de validation, d’identité, de sens.
✔ Rupture avec le réel
Le quotidien, le couple, le travail deviennent “basse vibration”, “non alignés”.
🟫 8. Les dégâts conjugaux: un phénomène massif
Dans les consultations, nous commençons à voir arriver des conjoints désemparés.
Les mécanismes sont toujours les mêmes :
-
le groupe devient la nouvelle famille,
-
le conjoint devient l’obstacle (“tu bloques mon évolution”),
-
les dépenses explosent,
-
les décisions quotidiennes sont dictées par le groupe,
-
le couple perd son langage commun,
-
la rupture est justifiée spirituellement (“nos chemins se séparent”).
Les couples se brisent, parfois après des années de stabilité.
🟫 9. Les dégâts financiers: un tabou bien réel
Les dépenses peuvent devenir incontrôlables :
-
stages successifs,
-
objets rituels hors de prix,
-
voyages initiatiques,
-
abonnements,
-
consultations privées.
Certaines familles se retrouvent en difficulté financière sévère.
🟫 10. Business model du néo‑chamanisme commercial
Sous le vernis du sacré, du don, de l’humanisme et de la bienveillance, le néo‑chamanisme commercial déploie en réalité un business model très structuré, pensé pour capter des personnes vulnérables et fragilisées afin de leur soutirer un maximum de ressources.
1. Acquisition : attirer des personnes fragilisées
Les organisations ciblent des profils précis :
-
personnes en quête de sens
-
femmes en transition identitaire
-
personnes anxieuses ou en souffrance émotionnelle
-
individus isolés ou en rupture de repères
-
personnes ayant vécu un choc, une rupture, un burn‑out
Canaux d’acquisition :
-
réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Facebook)
-
groupes féminins / cercles de femmes
-
influenceuses “spirituelles”
-
lives, webinaires, conférences gratuites
-
contenus pseudo‑psychologiques (“réveille ta puissance”, “guéris ton féminin blessé”)
Le message est toujours valorisant, mystique, séducteur.
2. Activation : première expérience payante
Une fois la personne séduite, on lui propose :
-
un atelier découverte (30 à 80 €)
-
un cercle de parole (20 à 50 €)
-
une guidance individuelle (60 à 120 €)
Objectif : créer un premier attachement émotionnel et un sentiment d’appartenance.
3. Montée en gamme : les stages
C’est ici que commence la rentabilité réelle.
Stages de :
-
250 à 600 € le week‑end
-
800 à 2 500 € la retraite de 5 à 10 jours
-
3 000 à 7 000 € les voyages initiatiques (Mexique, Pérou, Mongolie)
Chaque stage promet :
-
“un niveau supérieur”
-
“une transformation profonde”
-
“une guérison de l’âme”
-
“une activation du féminin sacré”
Le modèle est progressif : plus on avance, plus c’est cher.
4. Vente d’objets rituels
C’est un pilier du business model.
Objets vendus :
-
tambours “sacrés” (200 à 800 €)
-
pierres “activées” (50 à 300 €)
-
plumes, oracles, talismans (20 à 150 €)
-
huiles, encens, potions (20 à 80 €)
Ces objets sont présentés comme :
-
indispensables
-
énergétiquement puissants
-
nécessaires pour “monter en vibration”
Marge : souvent 300 à 800 %.
5. Abonnements et fidélisation
Pour maintenir la dépendance :
-
cercles mensuels (30 à 80 €/mois)
-
guidances régulières (60 à 120 €)
-
programmes en ligne (200 à 600 €)
-
communautés privées (10 à 40 €/mois)
Objectif : créer une dépendance émotionnelle et financière.
6. Certification et hiérarchie pyramidale
C’est le cœur du modèle économique.
On propose aux participantes de devenir :
-
“praticienne chamanique”
-
“facilitatrice”
-
“femme médecine”
-
“guide spirituelle”
Coût des certifications :
-
1 500 à 6 000 €
-
parfois plus de 10 000 € sur plusieurs années
Ensuite, les nouvelles “facilitatrices” :
-
recrutent d’autres participantes
-
organisent leurs propres cercles
-
reversent une partie des revenus à la structure mère
C’est une logique pyramidale déguisée en “transmission”.
7. Expansion internationale
Les structures américaines exportent :
-
leurs méthodes
-
leurs rituels standardisés
-
leurs certifications
-
leurs objets
-
leur marketing
Elles s’implantent en :
-
France
-
Suisse
-
Belgique
-
Espagne
-
Québec
Le modèle est scalable, car il repose sur :
-
la formation de nouvelles “enseignantes”
-
la vente d’objets
-
la reproduction des stages
-
la diffusion en ligne
🟫 11. Synthèse : les 7 points du business model du Néo-Chaman!
-
Attirer des personnes fragiles via un discours valorisant
-
Activer avec un premier atelier payant
-
Monétiser via des stages de plus en plus chers
-
Vendre des objets rituels à forte marge
-
Fidéliser via abonnements et guidances
-
Certifier pour créer une hiérarchie pyramidale
-
Étendre le réseau via les nouvelles “facilitatrices”
C’est un modèle hautement rentable, basé sur :
-
la vulnérabilité psychologique
-
la dépendance émotionnelle
-
la pensée magique
-
la pression du groupe
-
la promesse de transformation personnelle
De chaman à chairman : C'est la métamorphose commerciale du sacré, quand la quête de sens se transforme en modèle économique pyramidal laissant derrière lui des adeptes en très grande difficulté.
🟫 12. Néo-chamanisme son inscription dans la nouvelle économie de l'attention
Le néo‑chamanisme commercial ne relève pas d’une tradition spirituelle réinventée : il s’inscrit pleinement dans la nouvelle économie de l’attention, où l’objectif n’est plus de transmettre un savoir, mais de capturer, retenir et exploiter l’attention humaine. Dans ce modèle, l’attention n’est pas un simple point d’entrée : c’est la ressource première, le carburant du système.
Pour y parvenir, ces pratiques ciblent en priorité des personnes fragilisées, en quête de sens ou en transition identitaire. Toutes traversent une période de questionnement : elles s’interrogent sur le sens de leur vie, la place qu’elles occupent, la routine de leur couple ou la direction qu’elles souhaitent donner à leur existence.
En diffusant des contenus hautement émotionnels — récits initiatiques, symboles ancestraux, rituels “sacrés”, promesses de guérison — cette industrie, aux mécanismes parfaitement rodés, déclenche une charge émotionnelle intense. C’est une étape clé : cette activation émotionnelle crée les conditions d’un attachement rapide, profond et difficile à remettre en question.
Sous couvert de tradition, de don et d’humanisme, le dispositif met en scène une illusion d’authenticité :
-
rituels “ancestraux”,
-
objets “sacrés”,
-
transmissions “millénaires”,
-
langage mystique et valorisant.
Mais derrière cette façade, tout est pensé pour attirer des victimes consentantes, maintenir leur dépendance psychologique et extraire un maximum de temps, d’argent et d’énergie émotionnelle.
Ce modèle repose sur un principe simple : plus la personne s’investit émotionnellement, plus elle devient capturable économiquement.
Chaque étape renforce l’engagement :
-
plus d’émotion → plus d’attachement,
-
plus d’attachement → plus de dépendance,
-
plus de dépendance → plus de dépenses.
Le processus est progressif, calibré et redoutablement efficace. Il transforme une quête de sens en un parcours d’extraction émotionnelle et financière, où la personne croit avancer spirituellement alors qu’elle s’enfonce dans une dynamique de dépendance.
🟫 13. Le rôle du psychologue : une lecture clinique indispensable
Le psychologue ne juge pas la spiritualité. Il ne ridiculise pas les croyances. Il ne pathologise pas l'adepte.
Il apporte une lecture clinique, fondée sur la compréhension des mécanismes psychologiques en jeu.
✔ Ce n’est pas la spiritualité qui pose problème
C’est l’exploitation commerciale de la vulnérabilité.
✔ Ce n’est pas le chamanisme traditionnel qui est en cause
C’est sa dérive occidentalisée, totalement déconnectée, standardisée, marchandisée.
✔ Ce n’est pas la quête de sens qui est dangereuse
C’est la perte de repères, la pensée magique envahissante, la dépendance au groupe.
✔ Ce n’est pas le couple qui est “toxique”
C’est la narration spirituelle de rupture imposée par certains réseaux.
✔ Ce n’est pas l’homme qui est “fermé”
C’est sa souffrance qui est ignorée.
🟫 14. La situation des hommes : un angle mort majeur
Dans ces contextes, l’homme est souvent :
-
incompris,
-
culpabilisé,
-
accusé d’être “psycho‑rigide”,
-
renvoyé à une supposée “masculinité toxique”,
-
présenté comme l’obstacle à l’épanouissement spirituel de sa partenaire.
Beaucoup de confrères — faute de connaître le phénomène — valident cette lecture et ce manque d'empathie vis-à-vis de l’homme qui finit par :
-
douter de lui,
-
s’effacer,
-
accepter l’idée qu’il “bloque” sa femme,
-
laisser faire,
-
accumuler une souffrance silencieuse.
Pendant ce temps, la dynamique s’accélère :
-
stages successifs,
-
emprise croissante,
-
dépenses incontrôlées,
-
enfants initiés à la pensée magique,
-
projet de rupture “spirituelle”.
L’homme devient spectateur de la destruction de son couple, sans soutien, sans repères, sans outils.
🟫 15. Ce que peut apporter un psychologue spécialisé dans l’accompagnement des hommes
Un psychologue pour homme apporte un cadre clair, ferme, protecteur.
✔ Comprendre ce qui arrive réellement
Identifier les dynamiques d’emprise, les cycles excitation‑effondrement, les risques psychologiques.
✔ Sortir de la culpabilité
L’homme n’est pas “fermé”, “toxique” ou “bloquant”. Il est en danger relationnel.
✔ Se stabiliser émotionnellement
Apprendre à ne plus réagir sous stress, à ne plus alimenter les conflits, à ne plus renforcer l’emprise.
✔ Redevenir un point d’ancrage pour le couple
Sans devenir thérapeute, sans se sacrifier, sans s’effacer.
✔ Protéger le foyer
Finances, enfants, stabilité, cadre de vie.
✔ Prévenir la rupture
En réintroduisant du réel, de la sécurité, de la communication apaisée.
✔ Retrouver sa place d’homme
Dans une posture adulte, stable, lucide.
🟫 16. Comment agir ? Selon quel plan ?
Il existe une méthode claire, structurée, efficace :
-
stabilisation émotionnelle de l’homme,
-
compréhension des mécanismes d’emprise,
-
communication apaisante,
-
reconstruction du lien conjugal,
-
prévention des escalades,
-
protection du cadre familial,
-
restauration de l’identité masculine,
-
réduction progressive de l’influence du groupe.
C’est une thérapie unilatérale, spécifique centrée sur l’homme, qui permet de sauver ce qui peut l’être, de protéger les enfants, et de réduire les dégâts.
🟫 17. Les dynamiques de rupture dans un couple déséquilibré par l’emprise néo-chamanique
🔵 les 6 points de rupture du couple - Points de vigilance
Ces points de rupture sont bien connus dans les situations d’emprise douce, de dérive spirituelle ou de fusion groupale. Ils ne relèvent pas de la théorie : dès qu’une dissymétrie émotionnelle ou d’engagement s’installe entre les partenaires, ce sont précisément ces moments où le couple se fissure, se désaccorde et peut basculer.
On les retrouve de manière particulièrement nette dans les dynamiques d’emprise liées au néo‑chamanisme commercial, où l’un des partenaires est happé par le groupe tandis que l’autre reste ancré dans le réel.
1. Rupture par épuisement émotionnel de Monsieur
C’est le point de rupture le plus fréquent.
Comment il se manifeste :
-
Monsieur n’en peut plus
-
il se sent impuissant
-
il perd patience
-
il explose ou s’effondre
-
il dit des phrases définitives (“je n’en peux plus”, “c’est fini”)
Pourquoi c’est dangereux :
Madame interprète cela comme :
“Il ne me comprend pas, le groupe avait raison.”
Cela renforce l’emprise et accélère la rupture.
2. Rupture par confrontation directe avec le groupe
Deuxième cause majeure.
Comment il se manifeste :
-
Monsieur critique le groupe
-
il ridiculise les croyances
-
il attaque la “guide”
-
il tente de “ramener à la raison”
Pourquoi c’est dangereux :
Madame vit cela comme :
“Il attaque ma nouvelle identité.”
Elle se réfugie encore plus dans le groupe.
3. Rupture par isolement progressif de Madame
C’est une rupture “douce”, mais réelle.
Comment elle se manifeste :
-
elle passe plus de temps avec le groupe
-
elle se confie à eux, plus à lui
-
elle prend ses décisions via le groupe
-
elle se détache émotionnellement du couple
Pourquoi c’est dangereux :
Le couple perd sa fonction de régulation. Le groupe devient la nouvelle “famille”.
4. Rupture par rigidification identitaire de Madame
C’est le moment où elle “devient” et accède à son rôle spirituel.
Comment cela se manifeste :
-
elle adopte un rôle (“guérisseuse”, “femme médecine”)
-
elle rejette l’ancienne vie
-
elle parle en langage symbolique
-
elle se coupe du quotidien
Pourquoi c’est dangereux :
Le couple n’a plus de langage commun.
5. Rupture par pression financière ou logistique
Souvent sous-estimée, mais très fréquente.
Comment cela se manifeste :
-
dépenses massives
-
stages coûteux
-
achats compulsifs
-
mise en danger du foyer
Pourquoi c’est dangereux :
Monsieur se sent trahi, utilisé, mis en danger.
6. Rupture par narration spirituelle de séparation
C’est la rupture la plus “radicale” et démontre une situation d'urgence.
Comment cela se manifeste :
-
“Nous ne sommes plus alignés.”
-
“Nos chemins se séparent.”
-
“Je dois suivre ma voie.”
-
“Tu bloques mon évolution.”
Pourquoi c’est dangereux :
Le groupe fournit un récit de rupture valorisant, qui protège Madame de la culpabilité.
🔵 Les 3 moments critiques où une rupture peut se produire
1. Après un stage ou une retraite
Elle revient exaltée, transformée, “révélée”. C’est un moment de fragilité extrême pour le couple.
2. Lors d’un conflit conjugal
Le groupe devient refuge. Monsieur devient “l’ennemi”.
3. Lors d’un doute existentiel
Si Monsieur n’est pas stable, où est déstabilisé, la partenaire peut se tourner vers le groupe.
🟫 CONCLUSION
Ce phénomène du néo-chaminisme est réel et documenté. En France, le néo‑chamanisme connaît une progression rapide depuis une quinzaine d’années, avec une accélération majeure depuis 2020.
On estime aujourd’hui entre 1 500 et 3 000 praticiens actifs, et 80 000 à 120 000 personnes ayant participé au moins une fois à un atelier, un cercle ou une retraite.
Le phénomène touche très majoritairement les femmes (80% à 90%), souvent en période de fragilité ou de transition identitaire, et se développe grâce aux réseaux sociaux, aux cercles de femmes et aux communautés en ligne " féminin sacré ". Le modèle s’est progressivement industrialisé, passant d’une pratique marginale à une véritable économie de l’attention et de l’émotion.
Nous pouvons renvoyer les personnes qui peuvent s'intéresser à ce sujet à notre collègue Denise LOMBARDI de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes avec son livre sur le chamanisme publié en 2023 (Ed. du Cerf .
Ce phénomène nécessite selon nous une meilleure prise en compte par nos collègues psychologues afin d'aider ses femmes piégées par différents gourous et de les accompagner de façon professionnelle et adaptée.
En ce qui nous concerne, nous nous intéressons à la psychologie masculine et, par conséquent, à la souffrance masculine provoquée par l'engagement de compagnes ou partenaires dans ces réseaux.
Il ne s’agit en aucun cas de stigmatiser les femmes qui cherchent un mieux‑être à travers des pratiques néo‑chamaniques. Leur démarche est souvent sincère, motivée par un besoin de sens, de réparation ou de reconnexion.
Cependant, l’expérience clinique montre clairement les dérives vers lesquelles ces structures pyramidales peuvent conduire. Le fait qu’elles touchent majoritairement des femmes ne signifie pas que celles‑ci soient responsables ou qu’il faille les blâmer.
Le problème ne vient pas d’elles, mais de systèmes commerciaux puissants, extrêmement bien rodés, souvent d’origine américaine, dont le modèle économique repose sur l’emprise psychospirituelle et l'optimisation des profits par une exploitation financière maximale.
Notre objectif est donc d’offrir aux hommes des outils, des techniques et des approches leur permettant de comprendre ce qui se joue, de protéger leur couple et leur famille, et d’aider leurs épouses à sortir de ces dynamiques extractives qui fragilisent le foyer et détournent les ressources familiales au profit d’organisations internationales dont l’unique objectif est la rentabilité maximale.
Ces consortiums néo-chamaniques n’ont aucun lien, ni de près ni de loin, avec le chamanisme authentique ou le mieux‑être ; Ils relèvent bien davantage de logiques sectaires et de mécanismes industriels d’emprise structurés.
Il s'agit de systèmes d’extraction de ressources émotionnelles et financières qui exploitent les failles et la fragilité psychologique, puis abandonnent les adeptes à leur détresse : couples détruits, finances épuisées, objets rituels inutiles, et un profond sentiment d’avoir été dupé. »
Ces modèles reposent sur une exploitation méthodique de l’irrationnel et des croyances traditionnelles qui présentées selon une vocation humaniste, les ré-organisent, et c'est là le paradoxe, selon des logiques froides, destructrices et redoutablement efficaces issues de la rationalité industrielle la plus brutale : organisation pyramidale, optimisation financière, stratégies d’acquisition et processus de fidélisation.
Face à ces structures très organisées, beaucoup d’hommes se retrouvent démunis. Lorsqu’un tiers — guide, “chaman”, facilitateur — s’immisce dans la dynamique du couple, une relation triangulaire s’installe. Et dans toute triangulation, l’un des trois finit toujours par être isolé. Il est donc essentiel d’être vigilant pour ne pas devenir celui qui se retrouve mis à l’écart, car l’isolement est précisément ce qui fragilise le plus.
Notre rôle est de vous redonner des repères, de la clarté et une capacité d’action.
Si vous reconnaissez votre situation — ou celle d’un proche — il est important de ne pas rester seul.
Contactez‑moi : Je peux vous aider à mettre en place rapidement un cadre clair, confidentiel et protecteur, afin de construire une véritable stratégie de sortie du processus d’emprise.
Dr Grijalvo