L’impact psychologique d’un signalement peut être profond pour un homme accusé, même avant toute vérification des faits. En quelques heures, sa vie privée et professionnelle peut vaciller. Que dit réellement la loi ? Comment traverser cette épreuve sans s’effondrer ? Comment se préparer, comprendre les étapes, protéger son équilibre et tirer des conséquences justes de ce qui arrive ? Cet article pose le cadre : un signalement n’est jamais anodin, et l’accompagnement devient essentiel pour ne pas affronter seul une situation aussi déstabilisante.
🟦Quand un homme fait l’objet d’un signalement interne : comprendre la loi, traverser le choc, éviter l’effondrement
Un signalement interne peut bouleverser la vie d’un homme en quelques heures. Un message, un appel, un courrier : « Vous faites l’objet d’un signalement. » À partir de cet instant, tout change : le rapport au travail, au corps, au sommeil, à soi-même.
En France, la loi Sapin 2 encadre les dispositifs d’alerte professionnelle. Elle a été conçue pour protéger les lanceurs d’alerte et permettre aux organisations de traiter des comportements jugés problématiques. Mais elle ne dit rien sur la santé mentale des individus mis en cause, et ne prévoit aucun soutien psychologique pour les personnes accusées.
Pour beaucoup d’hommes, c’est un choc violent, silencieux, et profondément déstabilisant.
🟦Ce que prévoit réellement la loi Sapin 2
La loi impose aux entreprises de mettre en place un dispositif de signalement interne. Lorsqu’un salarié estime qu’un comportement est problématique, il peut le signaler. L’employeur doit alors :
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enregistrer le signalement
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décider de l’ouverture d’une enquête
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auditionner les personnes concernées
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analyser les faits
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rendre des conclusions
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décider d’éventuelles mesures disciplinaires
Ce processus est obligatoire. Mais un point essentiel est souvent ignoré : la personne mise en cause n’a pas le droit d’être assistée.
Pas d’avocat. Pas de représentant syndical. Pas de collègue. Pas de tiers de confiance.
Si vous avez fait l'objet d'un signalement vous devez vous présenter seul, face à un ou plusieurs enquêteurs, dans un cadre que vous ne maîtrisez pas, sans connaître précisément les faits reprochés, sans accès au dossier, et sans possibilité de préparer une défense structurée.
C’est une asymétrie totale. Et une source majeure de détresse psychique.
🟦Le déroulement réel d’une enquête interne
Une fois le signalement déposé, l’enquête peut suivre plusieurs étapes :
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qualification du signalement
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auditions des témoins
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auditions de la personne mise en cause
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recueil d’éléments matériels
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analyse interne ou par un cabinet externe
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rédaction d’un rapport
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décision finale
La durée est très variable :
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quelques jours dans les cas simples
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plusieurs semaines dans les cas complexes
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parfois plusieurs mois lorsque plusieurs acteurs sont impliqués
Pendant toute cette période, l’homme mis en cause vit dans une incertitude totale. Il ne sait pas ce qui circule. Il ne sait pas ce qui est retenu. Il ne sait pas ce qui l’attend.
Et il doit continuer à travailler. Ou être mis à l’écart. Sans explication claire.
🟦Le choc psychologique du signalement
Un signalement n’est pas une condamnation. Mais psychologiquement, il agit comme un séisme.
Les hommes que j’accompagne décrivent souvent :
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une sidération immédiate
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une impossibilité de penser clairement
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une peur de perdre leur emploi, leur couple, leur réputation
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une honte écrasante
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un isolement total
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une hypervigilance permanente
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une perte de sommeil
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une montée d’angoisse
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un sentiment d’injustice ou d’incompréhension
Le système nerveux passe en mode survie. La capacité de raisonnement s’effondre. Les erreurs deviennent plus probables. Les réactions impulsives aussi.
Et c’est précisément dans cet état que l’homme est convoqué. Seul. Sans assistance. Sans préparation.
🟦Les risques psychologiques sont importants
Chez certains hommes, ce choc peut déclencher :
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une crise d’angoisse aiguë
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une dissociation
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un effondrement émotionnel
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une perte de contrôle
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une décompensation psychique
Dans les cas les plus graves, cela peut mener à :
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une urgence psychiatrique
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une hospitalisation
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une mise sous traitement
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une interruption de travail prolongée
Ce ne sont pas des scénarios théoriques. Ce sont des situations réelles.
🟦La responsabilité professionnelle de l’employeur
L’employeur a l’obligation de traiter le signalement. Il doit enquêter et il doit protéger les personnes, la victime mais aussi la présomption d'innocence de l'homme accusé.
Mais le dispositif ne prévoit rien pour :
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protéger la santé mentale de l’homme mis en cause
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l’aider à traverser la procédure
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prévenir les risques psychiques
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l’accompagner dans la sidération
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lui permettre de se stabiliser avant l’audition
L'accusé est seul. Et c’est précisément là que les effondrements surviennent. En effet, les dommages psychiques peuvent ne pas être négligeables , lors de ces procédures internes.
🟦Une stratégie d’accompagnement pour éviter l’effondrement
L’objectif n’est pas de défendre ou d’innocenter la personne accusée. L’objectif est de stabiliser.
Un accompagnement spécialisé permet de :
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sortir de la sidération
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comprendre les mécanismes émotionnels en jeu
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éviter les réactions impulsives
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retrouver une capacité de décision
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se préparer psychologiquement à l’audition
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traverser la procédure sans s’effondrer
C’est un travail d’urgence psychique. Un travail de maintien. Un travail de survie émotionnelle.
Parce qu’un signalement peut être fondé. Il peut être infondé. Il peut être maladroit. Il peut être instrumentalisé. Mais dans tous les cas, l’homme mis en cause doit être accompagné, pour ne pas être broyé par le processus.
Dr Grijalvo
Vous êtes dans une procédure ? Vous avez fait l'objet d'un signalement ?