Dans le langage courant, on parle de “diagnostic” pour un ensemble de domaines très différents : diagnostic médical, diagnostic psychologique, psychiatrique, scolaire, diagnostic en ligne…
Mais ces mots ne recouvrent pas du tout la même réalité. En médecine, un diagnostic repose sur : des examens biologiques, des imageries, des mesures objectives, des biomarqueurs, des critères physiologiques vérifiables. En santé mentale, ce n’est pas le cas. Et c’est là que commence la confusion.
🟦 1. La nécessité de nommer et décrire les troubles mentaux
Les premières descriptions de troubles psychiques remontent à l’Antiquité.
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Hippocrate, au Ve siècle avant notre ère, décrit déjà la mélancolie, qu’il considère comme un trouble de l’humeur lié à un déséquilibre des humeurs corporelles.
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Dans l’Antiquité grecque, des penseurs comme Platon et Socrate s’intéressent aux comportements “anormaux” et tentent de les comprendre rationnellement.
Ainsi dès l’Antiquité, l'on nomme et l'on décrit des troubles mentaux, même si les explications sont encore rudimentaires.
La classification moderne apparaît au XIXᵉ siècle, avec l’essor de la psychiatrie scientifique.
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Le psychiatre allemand Emil Kraepelin (1856–1926) distingue pour la première fois des catégories comme:
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la schizophrénie (qu’il appelle “démence précoce”),
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la manie-dépression (ancêtre du trouble bipolaire).
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Emil Kraepelin pose ainsi les bases de la nosologie psychiatrique moderne : donner des catégories stables, définies par des symptômes observables.
🟦 1. Naissance du DSM
En s’inspirant des classifications militaires utilisées pour trier les soldats, des travaux de Kraepelin et des besoins administratifs du système de santé américain l’American Psychiatric Association à créé le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM) et publié en 1952 (DSM‑I - 1ère Edition),
Le DSM (aujourd'hui DSM - 5ième Edition) n’est donc pas un outil “naturel” ou “scientifique” au sens strict : c’est un outil administratif et descriptif, conçu pour standardiser les diagnostics.
Le DSM permet :
🔹 1. Standardiser les diagnostics
Pour que tous les psychiatres, psychologues, professionnels utilisent les mêmes mots et les mêmes critères.
🔹 2. Faciliter la recherche
Les études scientifiques ont besoin de catégories stables.
🔹 3. Répondre aux exigences des assurances américaines
Aux États‑Unis, un diagnostic codifié est nécessaire pour obtenir un remboursement. Le DSM sert donc aussi de référence administrative. Le DSM est autant un outil clinique qu’un outil bureaucratique.
🟦 1. D’où viennent les catégories du DSM ?
Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) est publié par l’American Psychiatric Association. Il ne décrit pas des maladies au sens médical, mais des troubles, définis par des listes de symptômes observables. Ces catégories ont été créées pour :
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standardiser le langage entre professionnels,
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faciliter la recherche,
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permettre la facturation et le remboursement (aux États‑Unis) -
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obtenir des aides et prises en charge complémentaires (en France)
-
organiser la clinique autour de critères communs.
Le DSM n’est pas un manuel biologique. - Le DSM n’est pas un manuel médical. - Le DSM est un outil administratif et descriptif.
🟦 3. Comment les catégories sont-elles établies ?
Contrairement aux maladies médicales, les troubles du DSM sont définis par :
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des comités d’experts,
-
des revues de littérature,
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des consensus,
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des délibérations,
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des votes.
Ainsi il n’existe pas :
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de test sanguin du TDAH,
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de scanner de l’anxiété,
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d’IRM de la dépression,
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de biomarqueurs du TSA.
Les catégories du DSM sont donc construites, pas découvertes successives. Elles sont pratiques, mais pas scientifiquement démontrées au sens médical, au mieux elles sont en cours de démonstrations scientifiques. Il existe des hypothèses de biomarqueurs de la dépression mais à ce jour ces hypothèses ne sont pas scientifiquement validées et les travaux de recherche sont en cours. Il existe des hypothèses médicales explicatives du TDAH, mais à ce jour non démontrées ,.. etc etc,..
🟦 4. Pourquoi les catégories du DSM ne sont pas des maladies médicales
Les catégories du DSM, ne concernent que les pathologies et troubles mentaux , cependant à la différence des catégories des maladies médicales qui repose sur : une cause identifiée, un mécanisme biologique connu, une réplicabilité, des tests objectifs et une évolution prévisible.
Les troubles du DSM repose sur : des symptômes rapportés, des comportements observés, des critères subjectifs, des seuils arbitraires.
Le DSM décrit des syndromes, pas des maladies. Il regroupe des symptômes qui “vont ensemble”, sans expliquer pourquoi. Il ne dit rien des causes réelles.
🟦 5 Différence entre un syndrome et une maladie médicale
1. Une maladie médicale : une cause identifiée, un mécanisme connu
Une maladie médicale repose sur trois éléments essentiels :
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une cause identifiable (infection, inflammation, anomalie génétique, lésion, toxine…)
-
un mécanisme biologique connu (ce qui se passe dans le corps)
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des tests objectifs pour la confirmer (prise de sang, imagerie, biomarqueurs, examens fonctionnels)
Exemples : diabète, pneumonie, hypothyroïdie,...
- Une maladie médicale explique les symptômes. Elle est mesurable, vérifiable, objectivable.
2. Un syndrome : un ensemble de symptômes qui vont ensemble… sans cause unique
Un syndrome n’est pas une maladie. C’est un regroupement de symptômes qui apparaissent souvent ensemble, mais dont :
-
la cause peut être multiple,
-
le mécanisme n’est pas clair,
-
les origines peuvent varier d’une personne à l’autre,
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il n’existe pas de test biologique pour le confirmer.
Exemples :
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syndrome métabolique
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syndrome de fatigue chronique
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syndrome prémenstruel
-
syndrome dysexécutif
-
TDAH (oui : c’est un syndrome, pas une maladie)
Un syndrome décrit ce que l’on observe. Il ne dit rien de la cause réelle. Il n’est pas objectivable par un test médical.
3. Pourquoi cette distinction est cruciale en santé mentale
En psychologie et en psychiatrie, la quasi‑totalité des “troubles” sont en réalité des syndromes :
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TDAH
-
TSA
-
anxiété
-
dépression
-
bipolarité
-
troubles de la personnalité
Ils sont définis par :
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des listes de symptômes,
-
des observations cliniques,
-
des critères subjectifs,
-
des seuils arbitraires.
Ce ne sont pas des maladies médicales. Ce sont des constructions descriptives, utiles mais limitées.
🟦 6. Pourquoi cette confusion "maladie /syndrome" pose problème
Parce que beaucoup de personnes pensent que :
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“J’ai un TDAH” = “j’ai une maladie du cerveau”.
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“J’ai un trouble anxieux” = “mon cerveau est défaillant”.
-
“J’ai un TSA léger” = “j’ai une anomalie neurologique”.
Alors que dans la majorité des cas : il n’y a aucune preuve biologique, aucune anomalie mesurable, aucune lésion, aucun marqueur biologique. Alors qu’en réalité : ce sont des syndromes, pas des maladies, et ils ne reposent sur aucun biomarqueur ou preuve tangible. Un diagnostic psychologique n’a donc rien à voir avec un diagnostic médical.
Le diagnostic est fonctionnel, pas médical.
J'ai l'habitude de dire " C'est comme si votre cerveau avait un problème de câblage pas de structure, nous allons essayer de le recâbler, d'identifier les câblages, les schémas, nous éloigner des périphériques et des grandes connexions neuro-biologiques, pour explorer les petites routes, délaisser les habitudes prises,."
🟦 7. Pourquoi l’expression “maladie mentale” crée une confusion majeure
L’expression “maladie mentale” est trompeuse et laisse encore des interprétations désastreuses dans les esprits. En effet, elle laisse croire à une maladie biologique, alors que la plupart des troubles psychiques sont des syndromes descriptifs, sans biomarqueur, sans test médical, et dont les causes sont multiples.
1. Le mot “maladie” évoque la médecine, les tests, les preuves
Dans l’esprit du public, une maladie implique :
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une cause biologique identifiée
-
un mécanisme physiologique connu
-
des examens objectifs (prise de sang, IRM, marqueurs)
-
un traitement ciblé
Autrement dit : quelque chose de mesurable, vérifiable, objectivable.
Or en santé mentale… rien de tout cela n’existe !!
2. En psychologie, on ne parle pas de maladies mais de syndromes
Comme je viens de le préciser les “troubles mentaux” du DSM sont en réalité : des syndromes, qui correspondent à des regroupements de symptômes, définis par des critères descriptifs, sans cause unique, sans biomarqueur, sans test médical pour les confirmer.
Ce sont des catégories cliniques, pas des maladies biologiques.
3. L’expression “maladie mentale” laisse croire à une anomalie du cerveau
Alors que dans la plus grande majorité des cas ces syndromes ne correspondent à aucune lésion, aucune anomalie mesurable, aucun test biologique, aucune preuve médicale.
Ce sont des troubles fonctionnels, pas des maladies organiques.
4. Le terme “maladie mentale” est un héritage historique, pas scientifique
Il vient :
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du XIXᵉ siècle,
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de la psychiatrie asilaire,
-
d’une époque où l’on pensait que tout comportement “anormal” était une maladie du cerveau.
Aujourd’hui, on sait que :
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les troubles psychiques sont multifactoriels,
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influencés par l’environnement,
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par l’histoire personnelle,
-
par les habitudes de vie,
-
par les relations,
-
par la culture.
Et donc tout cela n'a rien à voir avec une maladie médicale.
5. Cette confusion entretient des attentes irréalistes
Quand on dit “maladie mentale”, les gens s’attendent à :
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un diagnostic clair,
-
une cause unique,
-
un traitement précis,
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un médicament qui “corrige” le problème.
Mais en réalité :
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les diagnostics sont fragiles,
-
les causes sont multiples,
-
les traitements sont comportementaux, relationnels, éducatifs,
-
les médicaments ne “réparent” rien.
6. La confusion entre syndrome et maladie est désastreuse !
Cette confusion entretient des attentes irréalistes et renforce l’idée fausse qu’un diagnostic psychologique équivaut à une maladie médicale, ce qui est très rarement le cas.
Il est également essentiel de rappeler que les véritables maladies mentales — au sens médical du terme — sont rares. Dans la grande majorité des situations, nous avons affaire à des troubles fonctionnels, des syndromes, des difficultés psychologiques qui ne relèvent pas d’une atteinte organique du cerveau.
Or le cerveau humain possède une plasticité remarquable : il se réorganise, crée de nouvelles connexions, compense, apprend, s’adapte. Cette capacité de transformation fait qu’il est souvent possible de réduire les difficultés en agissant directement sur les causes identifiées : habitudes de vie, environnement, relations, comportements, stress, surcharge cognitive, hygiène de sommeil, etc.
Lorsque ce n’est pas une maladie mais un trouble fonctionnel, l’interaction avec l’environnement devient centrale. C’est dans la manière dont la personne vit, agit, s’organise, se régule et se relie aux autres que se trouvent les leviers les plus puissants de changement.
🟦 8. Mais alors quelles sont les véritables maladies mentales avérées ?
On parle de maladie mentale avérée lorsqu’il existe :
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une cause biologique identifiée,
-
un mécanisme physiologique connu,
-
des anomalies objectivables (imagerie, génétique, marqueurs),
-
une évolution typique,
-
et parfois un traitement médical spécifique.
Dans cette catégorie, on retrouve principalement :
1. Les maladies neurodégénératives
Ce sont les plus clairement établies.
-
Maladie d’Alzheimer
-
Maladie de Parkinson (avec troubles psychiatriques associés)
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Maladie de Huntington
-
Démences fronto‑temporales
Ici, les lésions cérébrales sont visibles, mesurables, progressives.
2. Certaines encéphalopathies et atteintes cérébrales
-
Encéphalite auto‑immune
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Encéphalopathies métaboliques
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Traumatismes crâniens sévères
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Tumeurs cérébrales (avec symptômes psychiatriques)
Les troubles psychiques sont la conséquence directe d’une atteinte organique.
3. Les troubles psychiatriques d’origine neurologique ou génétique clairement identifiée
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Épilepsie du lobe temporal (avec symptômes psychotiques)
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Syndrome de Prader‑Willi
-
Syndrome de Williams
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Syndrome de Rett
- Syndrome de Gilles de la Tourette
Ici, la cause est génétique ou neurologique, et les manifestations psychiques en découlent.
4. Les psychoses organiques
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Psychoses induites par substances (alcool, amphétamines, cocaïne…)
-
Psychoses post‑partum sévères
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Psychoses liées à des maladies auto‑immunes
Ici l'on peut identifier un facteur causal direct.
🟦 9. Ce qui n’est PAS une maladie mentale avérée
Ne sont pas des maladies médicales :
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TDAH
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TSA (hors formes syndromiques génétiques)
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Dépression
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Troubles anxieux
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Troubles de la personnalité
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Burnout
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Addictions
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Troubles dissociatifs
-
Bipolarité (dans la majorité des cas)
Ce sont des syndromes, des troubles fonctionnels, des catégories descriptives, pas des maladies organiques.
Les véritables maladies mentales avérées sont rares. Elles correspondent à des affections neurologiques ou génétiques clairement identifiées, avec des anomalies objectivables. La majorité des troubles psychiques — TDAH, anxiété, dépression, TSA, bipolarité — ne sont pas des maladies médicales, mais des syndromes fonctionnels, influencés par l’environnement, l’histoire personnelle et les comportements.
🟦 10 Les classements des maladies et des troubles mentaux CIM vs DSM : deux logiques différentes
1. La CIM (Classification Internationale des Maladies)
La CIM — publiée par l’OMS — est une classification médicale globale.
Elle regroupe :
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toutes les maladies médicales identifiées,
-
toutes les affections organiques,
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toutes les pathologies psychiatriques reconnues comme maladies,
-
et aussi des troubles psychologiques pour des raisons administratives.
La CIM est un outil médical, utilisé dans le monde entier pour :
-
coder les maladies,
-
organiser les systèmes de santé,
-
facturer les soins,
-
produire des statistiques internationales.
Elle inclut donc tout, du diabète à la schizophrénie, de la grippe au syndrome de Tourette ainsi que les troubles psychiatriques .
2. Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders)
Le DSM, lui, n’est pas une classification médicale générale. C’est un manuel strictement psychiatrique, créé par l’American Psychiatric Association (APA).
Il regroupe :
-
les troubles mentaux,
-
les syndromes,
-
les troubles psychologiques,
-
les troubles neurodéveloppementaux,
-
et certaines maladies psychiatriques (mais seulement celles qui ont une expression psychique).
Le DSM ne classe pas les maladies médicales. Il classe uniquement les troubles mentaux, qu’ils soient :
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psychiatriques,
-
psychologiques,
-
comportementaux,
-
développementaux.
3. La différence essentielle
🔹 La CIM = toutes les maladies médicales + les troubles psychiatriques
C’est une classification médicale universelle.
🔹 Le DSM = uniquement les troubles mentaux
C’est une classification psychiatrique descriptive, centrée sur les symptômes.
4. Et c’est là que la confusion naît !
Parce que :
-
la CIM parle de maladies (au sens médical),
-
le DSM parle de troubles (au sens descriptif),
-
mais les deux utilisent parfois les mêmes mots.
🟦 11. Le DSM est influencé par… le système d’assurance américain
C’est un point très important notamment pour comprendre l inflation des catégories car aux États‑Unis l’assurance santé n’est pas universelle et les remboursements dépendent du diagnostic, certains troubles sont couverts, d’autres non en fonction de votre contrat et de la prime que vous payez ainsi un code DSM est nécessaire pour être remboursé.
Le DSM est outil essentiel pour :
-
justifier les soins,
-
permettre la facturation,
-
définir ce qui est remboursable.
Le DSM est aujourd'hui devenu un outil plus administratif qu’un outil clinique. Mais dans dans tous les cas Il n’a pas été conçu pour refléter la réalité biologique des troubles.
🟦 12. Pourquoi il est si difficile de poser un diagnostic fiable
Parce que les troubles du DSM se recouvrent, se ressemblent, s’influencent, et s’imprègnent les uns les autres.
Dans les formes légères à modérées, il est presque impossible de distinguer :
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TDAH,
-
anxiété,
-
TSA,
-
dépression,
-
troubles du sommeil,
-
surcharge d’écrans,
-
stress chronique,
-
fatigue mentale.
Les symptômes sont identiques. Les causes sont différentes. Les questionnaires sont subjectifs. Les tests ne sont pas discriminants.
Le diagnostic devient un exercice d’interprétation, pas une mesure objective.
🟦 13. Pourquoi il faut sortir de la logique “diagnostic = vérité”
Le diagnostic psychologique :
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n’est pas une preuve,
-
n’est pas une mesure,
-
n’est pas une identité,
-
n’est pas une explication totale,
-
n’est pas un destin.
C’est un outil, pas une vérité.
Ce qui compte vraiment ce sont :
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les symptômes réels,
-
les difficultés actuelles,
-
les environnements,
-
les habitudes,
-
les comportements,
-
les motivations au changement.
🟦 14 Comprendre pour mieux se libérer !
La CIM ( Classification Internationale des Maladies ) classe toutes les maladies médicales, y compris les maladies psychiatriques avérées.
Le DSM, lui, ne classe pas les maladies mais les troubles mentaux : des syndromes descriptifs, définis par des critères cliniques et non par des preuves biologiques.
Le DSM est utile. Il structure. Il organise. Il donne un langage commun. Mais il ne décrit pas des maladies médicales. Il ne mesure rien. Il ne prouve rien. Il ne remplace pas l’analyse clinique. Il ne dit rien de la personne.
Les catégories que le DSM nomme et formalise, ne sont, au fond, que des syndromes descriptifs, construits à partir de listes de symptômes et dépourvus de cause biologique identifiée. Il également nécessaire de rappeler que l’exigence d’un diagnostic préalable à toute prise en charge est une pratique importée des États‑Unis : elle répond avant tout à des impératifs administratifs et assurantiels, destinés à justifier un remboursement.
🟦 15 l'émergence de pratiques américaines dans un contexte français radicalement différent
Dans le système de santé français, l’obligation de poser un diagnostic avant toute prise en charge n’existe pas dans la majorité des situations.
Pourtant, de nombreux professionnels, influencés par les standards américains, s’efforcent coûte que coûte d’établir un diagnostic préalable à toute stratégie thérapeutique. Ils s’empressent alors de faire entrer les symptômes observés dans des catégories préétablies, naviguant tantôt dans la CIM, tantôt dans le DSM.
Il est ainsi possible de faire l’hypothèse qu’à force d’alterner entre ces deux classifications sans en saisir les logiques profondément différentes, certains finissent par ne plus distinguer l’une de l’autre. Surtout que les même noms sont souvent utilisés bien que ne recouvrant pas les mêmes significations comme nous l'avons souligné.
De nombreux praticiens et professionnels de santé, en viennent alors à oublier que les troubles du DSM ne sont pas des maladies médicales, mais des constructions subjectives des regroupements de symptômes destinés à décrire, non à expliquer.
Cela favorise une attitude, qui mime celle de l’expert — “voyez, vous avez cela”, “j’ai trouvé votre trouble” — parfois même appuyée par un test présenté comme une validation certaine, qui donne ainsi à la personne qui consulte l’illusion d’une vérité définitive "elle a enfin un nom sur ces symptômes".
L'individu ainsi devenu patient, repart avec une certitude et une étiquette collée dans le dos, qui risque d’orienter durablement son rapport à lui‑même et au monde tout en favorisant sa tendance à le rendre passif et patient vis à vis de ses symptômes qui eux poursuivent leur chemin, continuant d'altérer ses capacités potentielles.
🟦 Conclusion
Je constate chaque jour les effets délétères que produisent ces diagnostics catégoriels issus du DSM, en particulier chez les jeunes hommes en quête d’identité. Beaucoup finissent par se couper de l’action et s’accrochent à un diagnostic qui, peu à peu, prend une valeur identitaire. Ce qui devait être une description devient alors une étiquette, parfois même une explication globale de leur vie.
Or ces diagnostics catégoriels sont très peu pertinents pour la pratique clinique : ils apportent rarement des éléments réellement utiles pour comprendre la personne, orienter le travail thérapeutique ou construire une stratégie de soins adaptée. Les catégories figent plus qu’elles n’éclairent.
Il devient donc essentiel de sortir de l’étiquette pour revenir à la réalité du symptôme, et de travailler enfin sur ce qui compte vraiment : les difficultés concrètes, les comportements, l’environnement, les habitudes de vie et la capacité d’action. C’est là que se trouvent les leviers de changement, et non dans une catégorie diagnostique figée.
Si vous cherchez un accompagnement pour engager une véritable stratégie d’amélioration, je vous invite à me contacter dès maintenant afin de commencer ce travail essentiel.
Dr Grijalvo ( Membre de l'American Psychological Association)